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EditorialDe l’air pour les hôtels!

Avec une fréquentation en baisse de 30% pour 2020, voire 50% dans les villes, l’hôtellerie suisse étouffe sous les prévisions négatives. On lui reproche de ne pas baisser ses prix de manière significative, mais le peut-elle vraiment?

Certes, comme le martèle la campagne lancée par la faîtière HotellerieSuisse, les établissements multiplient les gestes pour attirer le client et le fidéliser: rabais divers, petits cadeaux supplémentaires ou surclassement. Tout cela est bel et bon, mais il leur sera difficile de baisser leurs tarifs. Selon le Centre d’études conjoncturelles, les prix pourraient même reprendre l’ascenseur afin de compenser le faible taux d’occupation et la réduction imposée des capacités.

Certes, les campings suisses sont pleins, mais le vacancier n’est pas insensible aux sirènes étrangères. Un récent sondage de Tamedia indiquait même que seul un Suisse sur cinq envisage de passer l’été en Suisse.

En clair, les hôteliers cherchent une bouffée d’oxygène. Et la campagne incitant les clients à réserver directement sur leur site vient à point nommé pour corriger un dysfonctionnement dans le contrat qui les lie aux géants de la réservation que sont Booking.com, Expedia ou HRS. Non seulement ceux-ci les contraignent à reverser des commissions de plus en plus élevées s’ils veulent être bien référencés sur les moteurs de recherche, mais, de plus, la loi interdit aux établissements suisses de proposer des prix inférieurs à ceux indiqués sur ces plateformes.

Intenable, alors que les pays voisins ont modifié leur législation dans ce sens et que les concurrents directs ont tout loisir de lancer des offres agressives de dernière minute. Il faut souhaiter que la loi contre la concurrence déloyale soit révisée. Et vite.