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Usine de pompage de LutryDe nouvelles membranes pour la propreté de l’eau potable

Lausanne investira 2,4 millions pour renouveler le filtrage de l’eau pompée dans le Léman, qui confirme une place grandissante dans la stratégie d’approvisionnement.

Lausanne doit renouveler une partie des 660 modules de filtration (en blanc) que compte l’usine de pompage de Lutry. Celle-ci fournit 20% de l’eau potable distribuée par la Ville dans les environs.
Lausanne doit renouveler une partie des 660 modules de filtration (en blanc) que compte l’usine de pompage de Lutry. Celle-ci fournit 20% de l’eau potable distribuée par la Ville dans les environs.
Ville de Lausanne

La présence de résidus de pesticides et de médicaments se révèle peu à peu dans les cours d’eau. Cette problématique ne faisait pas encore l’actualité il y a une vingtaine d’années, lorsque l’usine de pompage de Lutry a été inaugurée. Destinée à renforcer l’approvisionnement en eau de la ville de Lausanne et des communes avoisinantes, elle avait toutefois été équipée de façon à pouvoir traiter une pollution éventuelle. Or ce système tourne en continu depuis 2016, afin de traiter les micropolluants. Une partie de ses composants doit être renouvelée, pour un coût de 2,4 millions de francs.

«Il suffit d’ajouter une faible quantité de charbon actif pour constater un bon abattement des micropolluants», explique le chef du Service de l’eau lausannois, Sébastien Apothéloz. Ensuite, le liquide pompé au large de Lutry, à 60 mètres de profondeur, passe par une série de filtres qui la débarrassent de ses impuretés, virus et microbes compris.

«Comme neuve»

Ce procédé d’ultrafiltration a, depuis, été largement adopté sur le plan international mais nécessite quelques remplacements afin de poursuivre son œuvre. Après dix ans, ces fibres poreuses finissent en effet par lâcher. La technologie a toutefois évolué depuis et les nouveaux matériaux de fabrication permettent d’espérer un usage prolongé. Pour le reste, «l’usine a beau avoir 20 ans, elle est encore comme neuve, ce qui est remarquable en regard d’autres technologies», se réjouit Sébastien Apothéloz.

«Nous voulons que les gens puissent consommer l’eau que nous distribuons pendant toute leur vie»

Pierre-Antoine Hildbrand, municipal de la Sécurité et de l’Économie

En fournissant un cinquième de l’eau distribuée à quelque 380’000 habitants, l’usine de Lutry complète celle de Saint-Sulpice. En pleine reconstruction, cette dernière adoptera elle aussi le même procédé d’ultrafiltration. L’augmentation prévue de la capacité de pompage confirme la place grandissante du lac dans le réseau d’eau potable. «On a la chance d’avoir un Léman plutôt propre en regard d’autres lacs et il devient de plus en plus central dans notre approvisionnement en eau», dit Pierre-Antoine Hildbrand, municipal en charge de la Sécurité et de l’Économie.

Fongicide à éliminer

C’est que les sources ne semblent plus aussi fiables. En témoignent les cinq captages mis hors-service en raison d’une présence trop élevée d’un pesticide désormais interdit, le chlorothalonil. Pour éliminer ce fongicide utilisé dans l’agriculture, la Ville de Lausanne va tester plusieurs méthodes, pour un coût de 700’000 fr., en espérant des résultats probants dans un peu plus d’une année. Si les autres sources lausannoises sont situées hors des zones impactées par l’agriculture, le lac fait figure de réserve de sécurité, à condition de le filtrer correctement. «Nous voulons que les gens puissent consommer l’eau que nous distribuons pendant toute leur vie, assure Pierre-Antoine Hildbrand. Mais on ne peut pas non plus aller trop loin dans la filtration, afin de ne pas complètement la déminéraliser.»