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Débat de la rédaction
Travailler passé la retraite vous fait-il rêver?

Christophe Passer, journaliste (à gauche) et Etonam Ahianyo, journaliste (à droite).
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Christophe Passer: oui, le travail, c’est la santé

Évidemment que cela dépend de son travail, de sa «pénibilité». Et qu’il ne s’agit pas de fantasmer tout un chacune et chacun bossant à fond, dans l’aliénation, quel que soit son métier, même après sa retraite. Je déteste cependant ce mot de retraite: il dit militairement mais aussi socialement la fuite, le pas en arrière, il me dit une manière de défaite.

Car il y a une part de vérité dans le populaire de la chanson: le travail, c’est la santé. Et je ne suis pas sûr que ne rien faire soit la conserver. Je devine plutôt dans cette «santé» un rapport au monde, de lien aux autres, d’identité, de mouvement. Être retraité doit-il signifier que l’on devient bon à rien, bon qu’à la sieste? Travailler, c’est persister à penser, et agir.

Autre dicton célèbre, africain cette fois: «Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.» Plus je vis au milieu du jeunisme et du dégagisme ambiant, plus cette parole me semble intéressante: parce qu’elle résume à elle seule le plaisir de mettre à disposition sa bibliothèque, même et surtout après l’âge officiel. Je ne parle là ni d’expérience, ni de sagesse de baderne. Mais rêvons: si la vie apprend comment la vivre, disons que le travail après la retraite peut apprendre à mieux la partager.

Etonam Ahianyo: non, la retraite est un bel âge pour poursuivre ses rêves

Le modèle économique qui encourage le maintien en emploi des retraités ne me séduit pas. D’abord, il souffre d’incohérence. J’ai de la peine à comprendre que les milieux économiques saluent le potentiel des retraités face à la pénurie de main-d’œuvre alors qu’ils ferment généralement la porte aux quinquagénaires après un malheureux licenciement.

Ensuite, selon une étude, une personne qui prend sa retraite à 65 ans a entre quinze et vingt ans de vie en bonne santé. Ces années de vitalité résiduelle sont un bel âge pour poursuivre rêves et passions. Les céder à un patron reviendrait à travailler jusqu’à la mort. C’est hors de question.

L’idée menace l’équilibre de notre société. Les seniors gardent leurs petits-enfants, contribuent à atténuer la pénurie de crèches, animent la vie de nos cafés et partagent leur savoir-faire dans des projets à but non lucratif. Ces acquis doivent être pérennisés.

Face à la pénurie de travailleurs et au vieillissement, notre économie peut recourir à une politique audacieuse encourageant la main-d’œuvre étrangère ou les naissances. Pour ma part, à l’heure de la retraite, il faudra jouer fair-play. Prendre mes cliques et mes claques puis passer le flambeau à la relève, au lieu de lui livrer une concurrence déguisée par mon maintien en emploi.

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