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AboFête du skate à Lausanne
Fiasco du Segment Festival: «Je suis le seul responsable»

À l’issue de la première édition du Segment Festival à Beaulieu, une dizaine d’entreprises attendent d’être payées, pour des montants atteignant jusqu’à 100’000 francs.
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«J’ai été amené à prendre de mauvaises décisions et à commettre un certain nombre d’erreurs qui ont mené l’évènement au fiasco financier. Je déplore l’issue catastrophique de ce beau projet, dont je suis le seul responsable et qui n’a pas manqué d’avoir un lourd impact sur ma vie professionnelle et personnelle.»

Après des mois de silence vis-à-vis de ses créanciers, les mots de Victor Liebenguth attestent d’une prise de conscience quant à l’ampleur du désastre financier laissé par le Segment Festival. La découverte progressive de l’énorme ardoise à régler et des mensonges pour la couvrir avait poussé son employeur dans une structure de coworking et financeur, l’architecte Patrick Polli, de Martigny, à le licencier.

Pour rappel, l’évènement mêlant skate et concerts que Victor Liebenguth a organisé à Lausanne en septembre dernier – il accueillait en point d’orgue une manche qualificative pour les Jeux olympiques de Paris – accuse un déficit d’environ 800’000 francs. Une dizaine d’entreprises sont en attente de paiement, pour des montants qui vont jusqu’à 100’000 francs.

«Je ne peux que déplorer cette situation qui met en péril la santé financière de nombreux prestataires ayant travaillé pour la manifestation», assure le Chamoniard de 28 ans, installé en Bas-Valais, dans le courrier qu’il nous a adressé en réponse à nos questions. Il explique avoir été «trop ambitieux».

Coût trop élevé

Celui qui préside encore l’association organisatrice, Segment Series, liste plusieurs éléments qui, de son point de vue, ont conduit au crash budgétaire. À commencer par «un coût total trop élevé vis-à-vis de nos réelles capacités de prospection commerciale».

Il semble qu’il ait été difficile d’intéresser des sponsors en suffisance, faute «d’impact touristique et marketing chiffré». En effet, la manifestation se tenait pour la première fois sur l’esplanade de Beaulieu. Des «contraintes logistiques et opérationnelles de dernière minute» auraient de plus fait gonfler le budget, que Victor Liebenguth tentait de ramener à la baisse.

Il reconnaît par ailleurs avoir mis en place «un concept musical trop conséquent», caractérisé par le choix d’artistes internationaux. Cela a nécessité «une infrastructure technique trop importante vis-à-vis de nos capacités à générer un chiffre d’affaires suffisant pour couvrir les frais engagés».

Enfin, l’estimation de la fréquentation sur les trois jours s’est avérée bien trop optimiste. La journée du dimanche, offrant des animations pour les familles et les amateurs de skateboard, n’a pas vu l’affluence espérée, tout comme les matinées du vendredi et du samedi.

Victor Liebenguth a accepté de quitter la présidence de l’association Segment Series à l’issue du processus en cours. Il est piloté par son ex-employeur, Patrick Polli, et vise à trouver un accord avec les créanciers pour régler très partiellement leurs factures en souffrance avec les avoirs restants. La Ville de Lausanne se réserve le droit de verser l’autre moitié de sa subvention promise au festival, soit 125’000 francs, lorsqu’elle aura la certitude que ce montant servira à indemniser les entreprises lésées.

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