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Hockey sur glaceDenis Vaucher: «Nous ne pouvons rien garantir»

Le patron de la Ligue nationale de hockey sur glace évoque avec nous la situation actuelle et tente de se projeter sur le printemps. Le retour du public, ce n’est pas pour tout de suite.

Denis Vaucher le martèle: «Nous voulons jouer, et tout jouer.»
Denis Vaucher le martèle: «Nous voulons jouer, et tout jouer.»
KEYSTONE

Denis Vaucher, trois équipes (Bienne, Langnau, Zurich) sont à nouveau en quarantaine. Cela devient de plus en plus inquiétant pour le déroulement de la saison, non?

A l’heure actuelle, je ne suis pas en souci. Le virus est présent dans tout le pays et il est «normal» que le sport soit touché par des cas positifs. Le problème, c’est que la majorité des médecins cantonaux imposent des quarantaines collectives, là où on pourrait peut-être isoler les cas positifs et laisser les autres s’entraîner et jouer. Nous sommes en train de discuter avec l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) dans le but de trouver une solution.

L’utilisation des tests rapides est-elle une solution potentielle?

A mon avis, oui. D’ailleurs ils existent, mais ils sont pour le moment réservés aux personnes présentant des symptômes. Pour de la prévention, ce n’est pas - encore - possible. Mais notre idée serait de pouvoir tester les équipes deux fois par semaine par ce moyen, bien moins onéreux puisqu’on parle d’une dizaine de francs par test. Nous aurions une vision plus précise de la situation en temps réel et les équipes pourraient continuer à jouer tant que 12 joueurs de champ et 1 gardien sont disponibles, comme le prévoient nos directives. Il est là notre message: nous voulons jouer.

«Il ne faudrait pas aller trop loin dans les reports, mais pour le moment nous sommes dans les clous»

Denis Vaucher

Ces quarantaines collectives quasi systématiques, ce n’était pas prévu à l’origine, non?

Nous sommes surpris, en effet. Et l’autre problème, c’est que tous les cantons n’ont pas les mêmes règles. Pour un nombre de cas identique, vous pouvez avoir d’un côté une quarantaine collective stricte, de l’autre un isolement des personnes infectées seulement, et au milieu une quarantaine adaptée où des entraînements par petits groupes sont permis.

Honnêtement, chaque équipe parviendra-t-elle à disputer ses 50 matches du tour de qualification?

Je le pense. Nous avons adapté le calendrier, avec ce rythme mardi-vendredi qui laisse de la place pour replacer les matches reportés le week-end. Il ne faudrait pas aller trop loin dans les reports, mais pour le moment, nous sommes dans les clous. Et puis, nous espérons pouvoir reprendre à un rythme plus soutenu à partir de février. Avec des tests rapides? Nous verrons. Il n’est en tout cas pas l’heure d’évoquer une adaptation de la formule du championnat. Je le répète: nous voulons jouer, et tout jouer.

«Il faut examiner toutes les possibilités»

Denis Vaucher, à propos d’une prolongation de la saison au-delà du printemps

Le championnat de National League pourrait-il se prolonger au-delà du printemps?

Il faut examiner toutes les possibilités. Pour le moment, il y a un Mondial de hockey prévu dès le 21 mai.

Garantissez-vous la tenue des play-off? Que se passera-t-il si des quarantaines collectives sont ordonnées en pleine série?

Aujourd’hui, nous ne pouvons rien garantir. Il faut être flexible, capable de rebondir rapidement. En ce qui concerne d’éventuels cas positifs en play-off, c’est possible, bien entendu. Mais dans le même temps nous nous disons qu’au printemps, la situation sera différente. Une chose est sûre: il n’est actuellement pas question d’évoquer une potentielle annulation des play-off.

«Nous espérons un retour aux standards que nous avions en octobre, avec une affluence aux deux tiers de la capacité en configuration places assises, d’ici avril ou mai»

Denis Vaucher

Mettre en place une bulle, comme cela se fait aux Etats-Unis par exemple, cela paraît compliqué...

Nous ne pourrions pas financer une telle opération. Il faudrait privatiser quoi, quatre hôtels? Impossible.

Récemment, le CEO du HC Bienne Daniel Villard a expliqué au Journal du Jura qu’il lui avait été indiqué qu’il ne fallait pas compter sur un retour du public avant mars. Vous confirmez?

Il va y avoir les Fêtes de fin d’année, le ski. Vous pouvez être sûrs que le nombre de cas positifs va être important jusqu’à fin février. A mon avis, nous ne jouerons pas devant plus de quelques centaines de personnes avant mars. Nous espérons un retour aux standards que nous avions en octobre, avec une affluence aux deux tiers de la capacité en configuration places assises, d’ici avril ou mai. Mais encore une fois, cela dépendra aussi des cantons. Il faudra également voir quel sera l’agenda et l’influence de l’arrivée d’un vaccin. S’il y a bien un truc que j’ai appris durant cette crise, c’est que beaucoup de choses peuvent changer en peu de temps.