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Portrait de Philippe MartinDepuis 40 ans, ça tourne presque rond dans sa tête

À Aigle, le disquaire tient bon la barre de DCM, dont la mission ne s’est jamais tarie malgré les modes et les aléas technologiques. Il n’a pas attendu le retour du vinyle pour monter le son.

VANESSA CARDOSO/24 HEURES

«Ma vitrine n’est pas terrible avec ses disques délavés, mais c’est voulu. J’aime bien que l’extérieur ne présage pas de ce qu’on trouvera à l’intérieur.» Dans une école de marketing, Philippe Martin se ferait expulser manu militari en moins d’une minute. Ce n’est pas là la seule chose qui le rend sympathique.

Il y a le personnage, d’abord. Un peu échalas, un brin hirsute, seul varient avec les années la longueur de ses boucles noires et la forme de ses lunettes qu’il retire, coquet, pour la photo. Si la définition de «vieil ado» réclamait son allégorie chablaisienne, sans doute que le disquaire de 57 ans aurait son profil sur une médaille. À force d’inamovibilité qui n’empêche en rien une passion intacte, Philippe Martin est devenu une figure de sa ville, une institution aiglonne à l’activité aussi obstinée que discrète. Une force tranquille, tiens, si l’on ne craignait d’ensevelir sous les pompes du slogan mitterrandien cet apolitique en baskets.

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