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ÉditorialDerrière l’audace de Macron, la stabilité

À un peu moins de deux ans de la fin de son mandat, Emmanuel Macron tente de retrouver un nouveau souffle. Il le fait à sa manière: spectaculaire, audacieuse, et par surprise.

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C’est ainsi qu’il est allé chercher en Jean Castex un nouveau premier ministre que personne n’attendait. L’homme est solide, peu flamboyant, éloigné de la scène parisienne et ancré dans la droite modérée. Bref, c’est une sorte d’Édouard Philippe 2 qui aurait le goût de la concertation, ce qui n’était pas véritablement le fort de son prédécesseur.

Deuxième audace: la nomination de personnalités comme Roselyne Bachelot ou Éric Dupond-Moretti. La première a de quoi rassurer avec son expérience, le second a de quoi inquiéter avec sa fougue, mais tous deux ont la capacité de s’adresser à une audience qui va bien au-delà du monde politique. Un côté «gilets jaunes»-compatible qui contraste avec les technocrates de l’univers macronien.

Cela dit, qu’on ne s’y trompe pas, il y a aussi beaucoup de stabilité. Les Finances, l’Éducation, les Armées, les Affaires étrangères ne changent pas, et l’Intérieur va à un ministre bien en cour. Dans ces ministères clé, Emmanuel Macron n’a rien changé, ou le moins possible.

Alors maintenant, que va-t-il faire? Continuer sur sa ligne de modernisation libérale du pays ou l’infléchir substantiellement avec des touches héritées de la crise du Covid-19 de protectionnisme, de volontarisme industriel et de revalorisation des services publics? C’est entre ces deux lignes qu’il devrait tracer son chemin.

Il y aurait une troisième voie, celle d’un virage écologique basé sur les 146 propositions de la Convention citoyenne. Macron en parle beaucoup. C’est peut-être pour cela qu’on a de la peine à y croire.