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Diagnostic des autoritésDes balises pour sonder le sentiment de sécurité à Yverdon

Via son Observatoire de la sécurité, la Municipalité lance lundi une démarche participative dans les quartiers résidentiels. Il s’agit d’identifier les mesures adaptées à prendre.

La démarche touchera l’ensemble des quartiers résidentiels yverdonnois. Elle débutera au quartier des Cygnes le 23 novembre.
La démarche touchera l’ensemble des quartiers résidentiels yverdonnois. Elle débutera au quartier des Cygnes le 23 novembre.
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Une personne d’un certain âge rentre seule chez elle, de nuit. Soudain elle se sent suivie. D’une simple pression du pouce, elle appuie sur la balise qu’elle porte en collier. Le dispositif est en marche, le contact est établi avec une permanence de spécialistes de sécurité. Le micro s’enclenche discrètement et, à des kilomètres de là, il ne faut que quelques secondes pour juger du sérieux de la situation et alerter les secours.

Relevant aujourd’hui de la fiction à Yverdon, une telle scène pourrait tout à fait se produire l’an prochain dans le quartier des Cygnes. Non pas que le secteur soit réputé pour être dangereux, mais parce qu’il a été choisi par les autorités comme point de départ d’une démarche participative d’envergure lancée sous la forme d’un diagnostic sécuritaire des quartiers résidentiels de la deuxième ville du canton.

Quarante balises

Cette démarche s’étendra jusqu’à fin 2022 et doit permettre d’apprécier le climat sécuritaire, notamment en termes d’aménagements urbains et d’éclairages dynamiques, ainsi que d’identifier les mesures adaptées à prendre pour améliorer le sentiment de sécurité de la population. Le projet «Adrien» – du nom de ces balises – sera lancé l’an prochain. Il est le dernier des trois axes de ce diagnostic yverdonnois. Et implique la mise à disposition d’une quarantaine de ces outils à des volontaires majeurs, via un partenariat public-privé. Avec la société TELES SA, qui gère le système, et avec l’Unité de recherche-action collaborative et participative de l’Université de Lausanne, qui analysera les résultats de cette expérience de terrain.

«Nous avons souhaité profiter de ce service existant pour mener notre analyse sur le ressenti des personnes. Savoir par exemple si les gens équipés d’un tel appareil se sentent davantage en sécurité», explique Marylaure Garcia, responsable de l’Observatoire de la sécurité de Police Nord vaudois.

Le système est opérationnel depuis 2017. «Aujourd’hui, 600 balises fonctionnent dans toute la Suisse romande, relève Jean-François Monnard, directeur et gestionnaire du projet pour Teles SA. Chaque jour, nous recevons entre trois et quatre appels, mais la plupart sont le fruit d’erreurs.» Neuf d’entre eux ont toutefois engendré l’engagement des forces d’intervention.

«L’établissement de ce diagnostic n’a pas été induit par les événements survenus à Pierre-de-Savoie le soir d’Halloween.»

Jean-Daniel Carrard, syndic

Géré exclusivement par l’Observatoire de la sécurité, le premier volet de cette démarche sera pour sa part lancé lundi prochain. Toutes les personnes majeures du quartier des Cygnes seront invitées à participer à une enquête en ligne portant sur leur ressenti en termes de sécurité. Cet état des lieux sera analysé à la lumière des événements rapportés du terrain par Police Nord vaudois.

Puis des marches exploratoires seront menées par des groupes formés de volontaires et de représentants des services de la Ville. Elles doivent apporter un regard croisé sur les points faibles et forts de l’aménagement urbain, l’éclairage en premier lieu. Contrairement à l’étude pilote «Adrien», ces deux volets seront ensuite menés dans les autres quartiers résidentiels d’Yverdon.

Le syndic a précisé que la mise en œuvre de ce diagnostic sécuritaire n’avait pas été induite par les débordements qui ont secoué le quartier Pierre-de-Savoie la nuit d’Halloween et ceux du 1er Août à la Villette. «Ce sujet a été abordé mardi au Grand Conseil avec la conseillère d’État Béatrice Métraux. Nous allons nous coordonner avec le Canton pour éviter qu’ils se reproduisent lors des fêtes de fin d’année», a expliqué Jean-Daniel Carrard.