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EditorialDes règles claires… pour certains

Le canton a tranché: les discothèques et night-clubs vaudois fermeront leurs portes jeudi. Quand Genève prenait une décision similaire, début août en pleine flambée pandémique à l’autre bout du lac, Vaud préférait jouer sa partie de «hâte-toi lentement». Au risque de brouiller les discours sanitaires sur l’arc lémanique, le Canton gardait les clubbers sous cloche pour pouvoir pister les contaminations. La belle saison terminée et chiffres épidémiologiques à l’appui, le ton a changé. Jusqu’à nouvel avis, la fin de partie a sonné pour les amateurs de décibels. Et les entrepreneurs des nuits vaudoises savent enfin, quant à eux, sur quel pied danser.

Avec ses annonces, le Canton est aussi venu mettre de l’ordre dans la gabegie des consignes qui avaient fleuri peu ou prou du côté des institutions culturelles et lieux publics. Bon sens retrouvé! Café, restaurants, salles de jeu, cinéma, théâtre, magasins… tous au même diapason. À l’intérieur debout, on porte le masque. Assis? On le tombe, attablé, mais on le garde en permanence lorsque l’on consomme de la culture. Plus vite on s’y fera, plus vite l’on retrouvera le plaisir des échanges et des découvertes reprendra le dessus.

«Berne et les cantons continuent de jouer de la montre avec une pusillanimité toute politique.»

En édictant des règles fermes, le Conseil d’État dissipe le brouillard d’incertitudes dans lequel se perdait tout un pan de l’activité économique du canton. Charge à lui, maintenant, de plaider, à Berne, la cause des faiseurs de nos nuits. D’y mettre tout autant la pression pour que le monde de la culture sache ce qui l’attendra dès le 1er novembre et la fin des aides débloquées le printemps dernier. Mais aussi de faire avancer rapidement la cause des organisateurs de grands concerts et des festivals, des laissés-pour-compte qui craignent déjà une deuxième année blanche.

À ce jour, malgré les milliards thésaurisés, personne n’entre en discussion pour, par exemple, partager les risques en cas d’annulation. Ne pas trancher face à l’urgence pouvait se comprendre au début de la pandémie. Six mois plus tard quand tout un monde cherche à se réinventer de manière plus pérenne que simplement sur le web, Berne et les cantons continuent de jouer de la montre avec une pusillanimité toute politique. C’est faire fondamentalement fi du rôle indéniable pourtant assumé par ces agitateurs socioculturels.