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Entreprise inéditeDes Rollois ont lancé un gros projet agricole en Afrique

Six jeunes d’origine portugaise et camerounaise, dont deux footballeurs du LS et du SLO, ont planté des hectares de cacao et de bananes au Cameroun.

Quatre des six jeunes Rollois engagés dans le projet agricole au Cameroun: Fabio Carvalho (ancien joueur du LS), Nick Amougou, Roland Ndongo (joueur du SLO) et Lucien Fouda. Manquent Achilles Joost et Patrick Ferreira.
Quatre des six jeunes Rollois engagés dans le projet agricole au Cameroun: Fabio Carvalho (ancien joueur du LS), Nick Amougou, Roland Ndongo (joueur du SLO) et Lucien Fouda. Manquent Achilles Joost et Patrick Ferreira.
CHRISTIAN BRUN

Ils se sont connu gamins sur le terrain de foot à Rolle et n’ont jamais cessé de taquiner le ballon rond. Fabio Carvalho a même joué au LS (2014-2016) et Roland Ndongo joue encore au SLO. Mais il n’y a pas que le foot dans la vie. Désormais leur terrain de jeu, d’une tout autre dimension, est ailleurs, en Afrique.

Ces cinq dernières années, ce groupe de potes a développé un gros projet agricole au centre du Cameroun. Un de leurs objectifs est de fournir du travail aux jeunes du pays pour les dissuader de prendre «la route du désert» en direction de l’Europe. Et, plus généralement, de contribuer au développement de cette région.

L’idée est venue de Lucien Fadou, l’aîné de Roland et de Nick. Ces trois frères, nés au Cameroun, ont passé leur enfance à Rolle. Après des études universitaires en mathématiques, Lucien a travaillé dans une société suisse de négoce de cacao. C’est là qu’il y a eu le déclic.

«J’ai compris qu’il y avait beaucoup trop d’intermédiaires qui font leur marge entre le producteur et le vendeur de cacao transformé. Au détriment du producteur, de la traçabilité, et finalement de la qualité du produit. Je me suis dit que le meilleur moyen d’y remédier était de devenir producteur et négociant en même temps.»

Une plantation de 112 hectares

En 2016, avec ses frères, un autre Camerounais banquier, et ses deux amis d’enfance portugais, ils créent la FNA Corporation et décident d’acheter 112 hectares au centre du Cameroun, sur la commune de Ntui, à 116 km de la capitale Yaoundé. Le projet comprend la plantation de cacaoyers et de bananiers, mais aussi la création de pistes, la rénovation de routes et de ponts, la réalisation d’un forage d’eau potable, la construction de maisons pour les employés, et l’aménagement d’un terrain de foot, bien sûr. Les six associés investissent toutes leurs économies et lèvent une partie fonds (10%) auprès de leurs proches. À ce jour, ils ont dépensé près de 450’000 francs.

«Pour vous donner une idée du travail accompli, nous avons planté à la main 300’000 cacaoyers et 160’000 bananiers plantains, qui produiront leur première récolte cet automne, explique Lucien Fouda, de passage à Rolle. Nous avons 35 employés fixes et 50 producteurs locaux ont intégré la coopérative. Nous avons réussi à construire une bonne partie des infrastructures, y compris un terrain de football pour l’entreprise et un terrain pour la commune. Nous avons déjà organisé un tournoi. Mais nous avons encore de nombreux projets: une école, un centre de santé et un centre de formation, entre autres.»

«C’est l’avenir de ces jeunes qui nous importe. Évitons qu’ils prennent la route de l’émigration.»

Lucien Fadou, l’aîné du groupe de Rollois qui a créé FNA Corporation

Jusque-là, les jeunes entrepreneurs ont financé le projet de leur poche. Mais pour aller plus loin dans leur programme de développement, ils vont démarcher des investisseurs privés et publics en Suisse, et si cela ne suffit pas, ils lanceront une recherche de fonds tous publics.

«On ne peut pas attendre grand-chose de l’État au Cameroun, poursuit Lucien Fouda. Alors qu’avant tout, c’est l’avenir de ces jeunes qui nous importe. Il y a beaucoup de chômage chez nous. Évitons qu’ils prennent la route de l’émigration. Un emploi, et c’est toute une famille de nourrie.»

L’ambition de FNA Corporation est d’obtenir une production de qualité, gérée de la pépinière au consommateur, dans de bonnes conditions de travail et dans le respect de l’environnement. Les jeunes Rollois, sensibles aux problématiques de l’émigration, veulent réaliser leurs idéaux et montrer l’exemple. À leur connaissance, aucun projet agricole similaire n’existe au Cameroun.

www.fnacorporation.com

2 commentaires
    geissberger

    Bravo à ces jeunes. Il devrait y avoir des centaines de projets tel que celui-là.