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Travaux à Sainte-CroixDes tuyaux cachés suscitent la méfiance d’un élu

Michel Bühler estime que des informations importantes ont été dissimulées au Conseil communal. Le syndic Cédric Roten s’en défend.

Le conseiller communal Michel Bühler estime que le Conseil communal a dû se prononcer sur un dossier dont il n’avait pas toute connaissance.
Le conseiller communal Michel Bühler estime que le Conseil communal a dû se prononcer sur un dossier dont il n’avait pas toute connaissance.
FLORIAN CELLA

Que cachent les tuyaux que la Commune de Sainte-Croix s’apprête à enterrer dans le cadre de la réalisation du réseau de distribution d’eau potable du hameau des Gittaz? C’est la question que se pose Michel Bühler alors que ce projet à 3,8 millions est mis à l’enquête. En décembre, au moment de voter ce crédit, le conseiller communal avait obtenu du syndic Cédric Roten que des tubes d’attente devaient être posés au moment de la fouille, alors que le texte à adopter mentionnait qu’il n’y avait pas d’autres réseaux d’énergie concernés par ce projet.

Quelques jours plus tard, la réponse allait titiller encore plus le chanteur. Coup sur coup, il découvrait que le syndic avait affirmé deux mois plus tôt que ces tubes supplémentaires pourraient accueillir les conduites de transport d’électricité des éoliennes prévues de longue date aux Gittaz. Et que, toujours de la bouche de Cédric Roten, une convention avait été signée entre la Municipalité et Romande Énergie dix jours avant la séance du Conseil. L’accord en question stipulait que le producteur d’électricité prendrait à sa charge tous les frais de ce projet si le parc éolien envisagé venait à se concrétiser.

«Cette convention contient-elle d’autres clauses secrètes?»

Michel Bühler, conseiller communal

«Pourquoi donc cette convention n’a-t-elle pas été rendue publique? Et contient-elle d’autres clauses secrètes?» s’interroge Michel Bühler, estimant de ce fait que l’organe délibérant a dû se prononcer sur un dossier «incomplet ou inexact».

Pour le syndic, il convient d’abord de préciser que dans toute fouille de ce type, des tuyaux de réserve sont prévus. Et que ces travaux doivent être entrepris maintenant, non pas parce qu’une décision du Tribunal fédéral pourrait tomber quant à la construction ou non du parc éolien sainte-crix, mais parce que le Canton presse la Commune de se mettre aux normes aux Gittaz, notamment en termes de défense incendie. «Et dès le départ, nous avons décidé de ne pas compter sur le financement de Romande Énergie pour les réaliser, raison pour laquelle nous avons dissocié ces deux éléments dans notre préavis», complète-t-il.

La convention date de 2003

Le syndic ne nie pas l’existence d’une convention liant la commune à Romande Énergie. Elle date de 2003, quand le Plan d’affectation cantonal relatif aux projets éoliens a été élaboré. «Le 4 décembre, nous l’avons adapté au coût réel de ces infrastructures, afin de disposer d’un document à jour en cas d’activation des mesures de compensation prévues dans le PAC», explique-t-il.

Pour ce qui est des clauses secrètes, l’édile estime que Michel Bühler pourrait répondre lui-même à sa question: «Je l’ai reçu personnellement le 29 décembre pour lui donner les explications demandées. À cette occasion, il a pu prendre connaissance de la convention dans son intégralité et telle qu’adaptée le 4 décembre, comme lui en donnait le droit la loi du 24 septembre 2002 sur l’information», conclut-il.