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Deux César bien mérités pour «Courgette»

Claude Barras, ici aux côtés de Fabrice Luang-Vija, lauréat du César du meilleur court-métrage d'animation, avec sa statuette.
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A l'heure où ces lignes paraîtront, la 89e cérémonie des Oscars viendra tout juste de s'achever. Et on saura si Ma vie de Courgettea réussi le doublé en remportant une statuette face à quatre mastodontes de l'animation, dont Zootopia. Mais quel que soit le résultat, My life as a Zucchini– c'est le titre d'exploitation du film de Claude Barras en anglais – a déjà tout gagné en réalisant l'impensable, à savoir se retrouver en lice dans la plus prestigieuse cérémonie que compte le septième art. En attendant, on peut affirmer qu'il a accompli sa mission en recevant, vendredi soir, deux César pour trois nominations. Celui de la meilleure adaptation pour Céline Sciamma, qui a écrit le scénario d'après un roman de Gilles Paris. Et bien sûr celui du meilleur film d'animation de long-métrage, que Claude Barras, accompagné de ses deux producteurs genevois de Rita Productions, Pauline Gygax et Max Karli, est venu récupérer dans les mains de Marthe Villalonga.

Tout cela est d'autant plus mérité que Ma vie deCourgetteavait en face, dans la même catégorie, un redoutable concurrent avec La tortue rouge, souvent donné comme favori. «On a conçu ce film comme un hommage aux marginaux», a brièvement ajouté Claude Barras en recevant son César.

Le reste de la cérémonie, présentée par un Jérôme Commandeur souvent inspiré, mais comme il se doit trop longue, ressemblait par instants à une légère opération de saupoudrage. La plupart des titres nominés – la majorité d'entre eux faisaient partie de la sélection cannoise 2016 – ont reçu une ou deux statuettes, sans qu'un seul métrage les capitalise toutes. Alors bien sûr, on est ravi pour Divines, ses deux actrices et sa réalisatrice (trois César), pour Xavier Dolan et son Juste la fin du monde (trois également), ou pour James Thierrée, petit-fils de Chaplin et rescapé de Chocolat(meilleur acteur dans un second rôle). On l'est encore plus pour Ellede Paul Verhoeven, César du meilleur film, et pour Isabelle Huppert, César de la meilleure actrice – c'est l'un de ses meilleurs rôles.

On est en revanche un peu déçu pour Ma loutede Bruno Dumont ou pour Victoriade Justine Triet, qui repartent avec rien du tout. Tout comme Kacey Mottet-Klein, qui était nominé pour Quand on a 17 ans de Téchiné, et n'aurait pas démérité l'obtention d'une statuette de meilleur espoir masculin.

Le moment le plus émouvant de cette 42e cérémonie reste bien sûr l'hommage à Jean-Paul Belmondo et la longue standing ovation qui s'ensuivit. Les apparitions de l'acteur, pour l'occasion entouré de toute sa famille et de son clan, se comptent sur les doigts d'une main depuis quelques années. Quant à la séquence la plus forte, c'est à François Ruffin, César du meilleur documentaire pour Merci patron!, qu'on la doit. Son discours intimant François Hollande à l'action, pour les semaines qui lui restent, ne manquait pas de punch. D'autres lauréats auraient peut-être dû s'en inspirer.