Passer au contenu principal

ChineDeux hauts responsables condamnés à mort pour séparatisme au Xinjiang

Deux anciens hauts fonctionnaires ouïghours ont été condamnés à mort pour «séparatisme» dans la région autonome du Xinjiang (nord-ouest), ont annoncé mardi soir les autorités locales. Ces condamnations ont été assorties d’un sursis de deux ans - en pratique cette peine est commuée en prison à perpétuité.

Wikimedia

Les deux responsables dirigeaient respectivement les administrations de la justice et de l’éducation dans la région qui fait l’objet de tensions entre la majorité musulmane (principalement ouïghoure) et la minorité han (Chinois de souche).

Plusieurs pays, dont les États-Unis, évoquent un «génocide» dont seraient l’objet les Ouïghours. Des organisations de défense des droits de l’Homme accusent Pékin d’avoir interné depuis 2017 plus d’un million de Ouïghours dans des centres de rééducation politique.

Le régime communiste dément ce chiffre et assure qu’il s’agit de «centres de formation professionnelle» destinés à éloigner les Ouïghours de l’islamisme et du séparatisme, après une série d’attentats qui leur ont été attribués.

Manuels scolaires

Dans ce contexte, l’ancien ministre de la Justice du Xinjiang, Shirzat Bawudun, a été reconnu coupable d’avoir conspiré avec le Mouvement islamique du Turkestan oriental (Mito) après avoir rencontré un membre de cette organisation en 2003 alors qu’il travaillait à l’époque dans la police, a précisé l’agence Chine nouvelle.

Le Mito est sur la liste des organisations terroristes de l’ONU mais a été retiré de celle des États-Unis en novembre dernier, Washington disant douter que ce mouvement continue à exister. Le Turkestan oriental est généralement le nom donné au Xinjiang par les Ouïghours en exil prônant l’indépendance. La justice reproche également à Shirzat Bawudun d’avoir mené «des activités religieuses illégales lors du mariage de sa fille».

De son côté, l’ancien ministre régional de l’Éducation, Sattar Sawut, a été reconnu coupable d’avoir incorporé dans les manuels scolaires en langue ouïghoure des apologies du séparatisme, du terrorisme et de l’extrémisme religieux, selon le site internet du gouvernement local. Ces manuels ont été utilisés pendant 13 ans.

La Chine ne publie pas le nombre de condamnations à mort prononcées chaque année ni le chiffre des exécutions mais Amnesty International affirme que le pays est le premier du monde pour le recours à la peine capitale, avec des milliers de condamnations et d’exécutions chaque année.

AFP