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Ouest américainDeux millions d’hectares sont déjà partis en fumée

Au moins 30 morts, des évacuations massives et un taux de pollution le plus haut du monde enregistré dimanche à Portland, dans l’Oregon. Le bilan des incendies est alarmant.

Même la caserne des pompiers a été réduite en cendres, à Berry Creek, en Californie.
Même la caserne des pompiers a été réduite en cendres, à Berry Creek, en Californie.
Keystone

«C’est juste du matériel, il faut aller de l’avant.» Au bord des larmes, Margi Wyatt tente de faire bonne figure en regardant la carcasse calcinée de son mobile-home, avalé par un des incendies qui font rage dans le nord de l’Oregon. Elle avait dû fuir en urgence son logement, à Estacada, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Portland. La plus grande ville de l’État présentait d’ailleurs le plus haut taux de pollution du monde dimanche, tout comme San Francisco et Seattle.

Alors que, ce lundi, Donald Trump se rend en Californie sur les lieux des incendies, le bilan des feux qui ravagent l’Ouest américain n’en finit pas de grimper. Ils ont déjà fait au moins 33 morts depuis le début de l’été, dont 22 rien que cette semaine en Californie, dans l’État de Washington et en Oregon, mais des dizaines de personnes étaient toujours recherchées dimanche soir. Au total, les incendies de forêt ont consumé plus de 2 millions d’hectares, alors que la saison des feux ne s’achève en théorie qu’en novembre.

Dans l’Oregon, qui recense dix morts cette dernière semaine, les autorités se préparaient au pire car des zones restaient encore inaccessibles aux pompiers.

Évacués quatre fois

Les fumées dégagées affectent d’immenses secteurs: 500’000 habitants sont menacés dans le seul Oregon. À l’est de la capitale de l’État, Salem, la police avait dressé de nombreux barrages routiers dimanche, devant lesquels s’étendaient de longues files de voitures patientant dans une épaisse purée de pois. Beaucoup de ceux qui tentaient de rentrer chez eux étaient des agriculteurs voulant nourrir leurs élevages.

À 10 kilomètres plus au nord, le centre d’Estacada est noyé dans un épais brouillard de fumée. Une petite partie des 3500 habitants de la ville sont revenus malgré l’air vicié. «Nous sommes partis mardi, et nous avons été évacués quatre fois au gré de la progression du feu et de la fumée», explique Bill, 49 ans, qui a fui avec son épouse, ses quatre filles, son chien et ses cochons d’Inde.

La peur des cambriolages est bien présente. Certains organisent des rondes en voiture pour empêcher d’éventuels pillages. Quelques riverains, parfois lourdement armés, patrouillent à la recherche d’intrus, alarmés par des informations – non vérifiées – faisant état de pillages dans des zones évacuées.

Dans la Californie voisine, le bilan de la semaine est passé dimanche à douze victimes des flammes, dont neuf dans le seul comté de Butte, encore traumatisé par le souvenir des incendies de novembre 2018 qui avaient fait 86 morts et réduit en cendres la ville de Paradise.