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CoronavirusRésultats encourageants pour deux projets de vaccin

L’Université d’Oxford au Royaume-Uni et la société chinoise CanSino Biologics ont réussi à provoquer une forte réponse immunitaire auprès des participants de deux essais cliniques. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué «un pas important dans la bonne direction».

Près de 1500 patients ont participé aux essais cliniques pour le développement d’un vaccin contre le Covid-19. (Photo d’illustration)
Près de 1500 patients ont participé aux essais cliniques pour le développement d’un vaccin contre le Covid-19. (Photo d’illustration)
KEYSTONE

La course au vaccin contre le Covid-19 avance, avec les résultats lundi d’essais cliniques encore préliminaires mais encourageants sur deux projets, un britannique et un chinois, qui génèrent «une forte réponse immunitaire» et sont bien tolérés par les patients.

Le premier, développé par l’Université d’Oxford en partenariat avec le laboratoire AstraZeneca, a généré la production d’anticorps et de lymphocytes T, deux types de réponses immunitaires différentes, dans un essai clinique sur plus de 1000 patients, dont les résultats ont été publiés dans la revue médicale britannique The Lancet.

Le second projet de vaccin, mené à Wuhan (Chine) par des chercheurs de plusieurs organismes dont l’École militaire des sciences médicales, financés par le groupe de biotechnologie coté à Hong Kong, CanSino Biologics, a également entraîné cette double réponse immunitaire contre le coronavirus chez la plupart des participants, selon un essai distinct portant sur environ 500 personnes, paru dans la même revue.

Phase préliminaire

Ces essais cliniques sont encore dans une phase préliminaire (phase 1/2 et phase 2), qui teste la tolérance et l’apparition d’une réponse immunitaire après l’injection du vaccin, comparé à un placebo. Leur efficacité pour protéger du coronavirus devra encore être établie dans un essai de phase 3, sur un nombre de participants plus important, avant d’envisager leur commercialisation à grande échelle.

«On ne sait pas encore si ces niveaux d’immunité peuvent protéger contre l’infection (…) ni si ce vaccin peut protéger les plus fragiles des formes graves de Covid-19», a commenté Jonathan Ball, professeur de virologie moléculaire à l’Université de Nottingham (Royaume-Uni), qui n’a pas participé à l’étude.

Ces résultats étaient malgré tout très attendus: de nombreux chercheurs et laboratoires dans le monde se livrent à une course contre la montre pour trouver un vaccin sûr et efficace contre le Covid-19. Près de 200 candidats vaccins sont développés, dont 23 en phase clinique testés chez l’être humain.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué sur Twitter «un pas important dans la bonne direction», tout en soulignant que d’«autres essais sont encore nécessaires».

«C’est un résultat positif, mais il reste encore un long chemin à parcourir», a déclaré Michael Ryan, directeur des situations d’urgences sanitaires à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), tandis que son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a appelé à «faire davantage avec les outils dont nous disposons», en attendant que la recherche d’un vaccin porte ses fruits.

«C’est une option prometteuse, car ce type de vaccin peut être fabriqué facilement à grande échelle», a commenté Sarah Gilbert, chercheuse à l’Université d’Oxford.

«Dose supplémentaire»

Le vaccin d’Oxford comme celui de CanSino sont tous les deux basés sur un adénovirus – du chimpanzé pour le premier, humain pour le second – une famille de virus très courants qui provoque notamment les rhumes.

Ils ont été génétiquement modifiés pour produire la protéine de pointe (ou «spike») du coronavirus Sars-CoV-2, l’idée étant que le système immunitaire du patient puisse par la suite le «reconnaître» s’il est réellement infecté. Le virus ainsi modifié ne se réplique pas dans l’organisme, ce qui le rend plus sûr notamment pour les patients fragiles.

Aucun des deux essais n’a enregistré d’effet indésirable grave. Les effets secondaires les plus observés: maux de tête, fièvre, fatigue et une douleur au point d’injection du vaccin.

28 jours après l’injection du candidat vaccin, plus de 90% des participants à l’essai britannique présentaient des anticorps neutralisants dans le sang, et environ 85% dans l’essai chinois.

Seul l’essai chinois comportait des patients de plus de 55 ans, et chez ces derniers, les taux d’anticorps observés étaient moins élevés. «Il est possible qu’une dose supplémentaire (de vaccin) soit nécessaire pour entraîner une réponse immunitaire plus forte dans la population âgée», a estimé l’un des auteurs, Wei Chen, de l’Institut de Biotechnologie de Pékin.

Les deux projets de vaccin ont aussi entraîné chez 100% et plus de 90% des participants respectivement la production de lymphocytes T, les globules blancs dont le rôle est d’éliminer les organismes identifiés comme dangereux et de conserver en mémoire les caractéristiques de l’agresseur en cas de nouvelle infection.

Moderna et Sinovac dans la course

Parmi les autres projets de vaccins à un stade avancé, la biotech américaine Moderna a annoncé la semaine dernière qu’elle débuterait le 27 juillet la phase 3 de son candidat vaccin contre le Covid-19, pour tester son efficacité sur 30’000 personnes aux États-Unis: la moitié d'entre elles recevront une dose de 100 microgrammes, les autres un placebo.

Seul le chinois Sinovac est aussi avancé: il a annoncé le 6 juillet que la 3e et dernière phase de développement de son vaccin débuterait «ce mois-ci», en collaboration avec le brésilien Butantan. Elle «inclura environ 9000 professionnels de santé» dans ce pays touché de plein fouet par le Covid-19.

ATS/NXP