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Le TAS a débouté Yverdon SportDi Pietrantonio: «Je suis dégoûté par les dirigeants du foot suisse»

Yverdon ne verra pas la Challenge League la saison prochaine. Son président ne peut cacher sa déception, sa colère, et surtout son incompréhension.

Mario Di Pietrantonio avait saisi le TAS jeudi, un jour plus tard, la décision en sa défaveur est tombée.
Mario Di Pietrantonio avait saisi le TAS jeudi, un jour plus tard, la décision en sa défaveur est tombée.
Keystone

Vendredi après-midi, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a décidé de rejeter l’appel déposé par Yverdon Sport et de se ranger dans le camp de l’Association suisse de football (ASF). Le championnat de Promotion League est donc bel et bien annulé et les classements ne seront pas pris en compte, comme dans les ligues inférieures. Le club vaudois ne peut donc plus prétendre à une promotion. «Notre budget s’élève à 2,5 millions de francs et nous avons été considérés comme un club de cinquième ligue», expliquait Mario Di Pietrantonio au terme de la réunion.

Entre désespoir, colère et dépit, le président était plus encore animé par un sentiment d’incompréhension. «La séance a été constructive, objective, tout le monde s’est bien compris. Ce fut une bonne audience.» Et pourtant, Yverdon Sport a été débouté, renvoyé chez lui sans avoir eu de réelles explications. «Je n’arrive pas à comprendre ce qui s’est passé. Mes avocats non plus. L’ASF doit être la garante de l’éthique du football suisse, de l’équité sportive. Cela n’a clairement pas été le cas.»

«Je me pose la question de savoir si je vais continuer»

Mario Di Pietrantonio en a gros sur le cœur. Il aurait tellement à dire, mais il choisit ses mots afin de ne pas jeter d’huile sur le feu, plus qu’il n’en faut. «Je ne supporte pas l’injustice. Je me pose la question de savoir si je vais continuer. Je m’investis pour le bien du sport, pour la formation, pour toute une région. On devrait m’aider plutôt que de me torpiller de la sorte.»

La mort dans l’âme, Yverdon Sport ne va pas porter l’affaire plus loin. «Lorsqu’on me met des bâtons dans les roues, je me bats, j’avance. Là, on m’a clairement attaché les bras dans le dos avant de me mettre sur le ring, comment voulez-vous que je me batte? C’est comme si on envoyait quelqu’un dans une Ferrari à 300 km/h en lui coupant les freins», poursuit le président, qui va avant tout devoir digérer cette situation. «Je suis dégoûté du football, pas par le sport, mais par les gens qui le dirigent. Cela fait longtemps que je suis dans le milieu. Je savais que le monde du ballon rond était bizarre, mais pas à ce point.»

«On veut nous empêcher de monter artificiellement»

Lorsque le président évoque un autre volet de l’affaire, la résiliation de sa licence par l’ASF, le ton de sa voix change radicalement. La colère prend le pas sur la déception. «Eh oui, l’ASF nous a annulé notre licence. C’est un problème encore plus grave. Donc même si un ou deux clubs de Challenge League faisaient faillite, nous ne pourrions pas monter. J’ai payé 40'000 francs pour cette licence, on ne peut pas me l’enlever comme ça, je n’arrive pas à le comprendre. Je ne vois qu’une explication: on veut nous empêcher de monter artificiellement.»

Un long silence, le président hésite, puis il craque: «Aujourd’hui, nous pouvons jouer au football, cela nous a été confirmé par la Swiss Football League. Mais l’ASF ne nous donne pas ce droit. En revanche, elle ne voit aucun inconvénient à ce qu’un championnat médiocre comme celui de la Challenge League se poursuive sans relégation. Lorsque Chiasso va venir à Lausanne, ses joueurs pourront manger une bonne saucisse de veau à la mi-temps. J’espère qu’ils ne vont pas envoyer leurs vétérans! Ça c’est acceptable pour l’ASF?»

Le soutien d’une douzaine de clubs

Yverdon et son président ont reçu des mails de soutien d’une douzaine de clubs suisses. C’est sympa, mais cela ne compense en rien tout le temps passé et l’argent dépensé pour bâtir un projet en faveur du football du Nord vaudois. «Notre dossier est solide, plus solide que ceux de certains clubs de Challenge League. Cette décision va avoir des répercussions très graves pour toute une région, ça va faire des dégâts, mais les instances dirigeantes du football suisse s’en moquent. Financièrement parlant, c’est comme si vous alliez à la banque, que vous vidiez la moitié de votre compte et que vous jetiez les billets dans le feu», conclut Mario Di Pietrantonio.