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EditorialDjokovic, patron décrédibilisé

Le meilleur joueur de tennis du monde est officiellement malade du Covid-19. Nourrie par dix jours d’une communication désastreuse, entre sentiment d’impunité et égocentrisme décomplexé, cette annonce a provoqué, mardi, une vague démesurée de réactions, parfois excessives. Sans doute faut-il donc commencer par l’essentiel: souhaiter à Novak Djokovic, Grigor Dimitrov, Borna Coric, Viktor Troicki, leur entourage et tous les anonymes contaminés de Belgrade à Zadar, une totale guérison.

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Cette évidence sanitaire cache toutefois un autre impératif: on parle ici de gouvernance. Novak Djokovic a tout simplement perdu toute crédibilité dans son rôle de président du Conseil des joueurs. En deux semaines, le Serbe a en effet réussi l’exploit de discréditer le protocole sanitaire de l’US Open, de manquer la vidéoconférence de reprise organisée par l’ATP pour un match de foot et d’organiser cet Adria Tour qui ne respectait aucune des précautions prises par les autres exhibitions du moment (UTS, UTR, etc.).

Alors, certes, Novak Djokovic ne saurait être tenu responsable du laxisme sanitaire du gouvernement serbe (élections législatives obligent). Mais il y a dans l’irresponsabilité de sa séquence un fâcheux dénominateur commun. Le président Djokovic est trop autocentré pour penser le bien commun. Le protocole de l’US Open était ainsi «trop extrême», car il l’empêchait de voyager avec son équipe, luxe qui ne concerne qu’une poignée de nantis. Quant à l’Adria Tour, rien n’était trop risqué pour mettre en valeur les joueurs et l’art de vivre des Balkans.

Pour s’être senti intouchable, Novak Djokovic a mis en danger sa santé, celle d’autrui et la reprise du tennis en 2020. Un président ne devrait jamais faire ça. Voilà pourquoi il doit démissionner.