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Encaveur controverséDominique Giroud rafle le Grand Or au Mondial

Malgré ses ennuis judiciaires, le négociant valaisan fait aussi de grands vins. La preuve: son Constellation 2016 a brillé au Mondial de Bruxelles.

La belle cave au pied des coteaux sédunois de Dominique Giroud.
La belle cave au pied des coteaux sédunois de Dominique Giroud.
DR

La Suisse a fait deux médailles grand or au Mondial de Bruxelles, le plus grand concours du monde. Une des deux est signée Dominique Giroud. Le négociant valaisan, poursuivi pour fraude fiscale, passera la semaine prochaine au tribunal pour hacking contre un journaliste. S’il admet l’erreur de ses impôts, il conteste les accusations de fraude pour ses vins.

L’homme reste rare dans les médias, mais son négoce de vins marche bien, selon son porte-parole, Marc Comina. Château Constellation, l’entité qu’il a créée pour ses propres vins, souffre. Depuis sa superbe cave de Sion, l’homme contrôle en direct ou par contrats 48 ha de vignes.

Un rêve en or

Il poursuit depuis plus de dix ans son rêve de faire un vin haut de gamme sous le nom Constellation, avec une formule renouvelée chaque année et le concours de Steve Blais, ancien collaborateur de Michel Rolland. Le Mondial lui a donné raison, avec une médaille d’or pour le 2015 et une grand or pour le 2016. Dégustation de quatre millésimes, à 82 fr. la bouteille. Des vins de cépages élevés en barriques séparément avant un assemblage final.

Le 2011 assemblait six cépages pour un essai assez réussi. Mais il a atteint désormais son apogée et perd de sa puissance. Le 2012, n’a plus que quatre cépages, dans une structure de fruits ultra-mûrs qui guigne côté italien. Riche, un poil d’oxydation et un zeste de sucrosité pour un vin atypique.

Le 2015, premier médaillé, visait le Château Cheval-Blanc dont il copie la formule 60% merlot, 40% cabernet franc. Un nez encore discret, des notes florales, un rien de cerise, une bouche très structurée, puissante, avec une belle fluidité et toujours ce trait de fraîcheur qui allège le vin. De belles promesses encore.

Chaque millésime du Constellation est décoré d’une étiquette d’artiste différente, sous l’oeil d’une vedette. Ici, Alain Delon a choisi celle de WIlly Richard.
Chaque millésime du Constellation est décoré d’une étiquette d’artiste différente, sous l’oeil d’une vedette. Ici, Alain Delon a choisi celle de WIlly Richard.
DR

Le 2016 et sa récompense prestigieuse assemblent 50% de merlot, 30% de cabernet sauvignon et 20% de syrah. Le nez est ouvert, fruité, poivré et puissant. La bouche, très élégante, ouvre sur les épices avant de révéler un côté toasté et une pointe de café. L’équilibre est parfait, la longueur appréciable et l’avenir s’annonce brillant.

Et Berlin…

Pendant qu’on y était, nous avons dégusté les quatre médailles d’or obtenues au Berliner Wine Trophy pour quatre autres vins. une Heida 2018 au nez encore un peu fermé, à la bouche plutôt grasse. Une Arvine 2018 qui sent les agrumes et la rhubarbe, qu’on retrouve en bouche. Un Boréal 2018 (johannisberg, arvine, humagne blanche) entre agrume et litchi, avec une bouche aussi florale que structurée. Et un Cornalin 2018, élevé en cuve, au nez de fruits noirs et de sous-bois avant une bouche toujours un peu rustique, entre thym et tabac.

1 commentaire
    Pelot

    Qu il le garde son Penatzet coupé aux vins Vaudois.