Affaire ukrainienne: un témoin clé ébranle Trump

États-UnisWilliam Taylor, le chargé d’affaires américain à Kiev, a mentionné mercredi un appel accréditant la théorie du chantage.

William Taylor, l’ambassadeur par intérim lors de la première audience publique de l’enquête pouvant mener à la destitution de Donald Trump, le 13 novembre 2019.

William Taylor, l’ambassadeur par intérim lors de la première audience publique de l’enquête pouvant mener à la destitution de Donald Trump, le 13 novembre 2019. Image: AP Photo / Andrew Harnik

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William Taylor, l’ambassadeur par intérim des États-Unis à Kiev, a donné mercredi aux parlementaires américains de nouveaux éléments accréditant la théorie d’un chantage de Donald Trump vis-à-vis de l’Ukraine. Le diplomate a révélé lors de la première audience publique de l’enquête pouvant mener à la destitution de Donald Trump que l’un de ses collaborateurs avait entendu une conversation téléphonique entre le président des États-Unis et Gordon Sondland, l’ambassadeur américain auprès de l’Union européenne.

Lors de cette conversation, le diplomate avait assuré à Donald Trump que les Ukrainiens étaient «prêts à aller de l’avant». Il faisait référence aux enquêtes que le président des États-Unis voulait voir Kiev mener sur la famille de l’ancien vice-président Joe Biden.

Une diplomatie parallèle irrégulière

Cet échange s’est déroulé au lendemain d’une conversation téléphonique, le 25 juillet dernier, entre Donald Trump et le nouveau président ukrainien Volodymyr Zelensky, au cours de laquelle le président américain avait demandé «une faveur» à son homologue. Donald Trump avait ensuite décrit ce qu’il attendait de l’Ukraine en échange de l’aide américaine à Kiev: l’ouverture d’une enquête sur le fils de l’ancien vice-président Joe Biden, l’un de des principaux rivaux pour la Maison-Blanche en 2020.

William Taylor a décrit mercredi la diplomatie parallèle «irrégulière» menée par Rudy Giuliani, l’avocat du président des États-Unis, et deux de ses associés: Lev Parnas et Igor Fruman. Les deux hommes ont été arrêtés le mois dernier alors qu’ils s’apprêtaient à monter dans un avion, munis d’un aller simple pour l’Europe.

L’ambassadeur des États-Unis en Ukraine a décrit la logique guidant cette diplomatie parallèle: «L’ambassadeur Sondland a essayé de m’expliquer que le président Trump est un homme d’affaires», a déclaré William Taylor aux parlementaires avant de faire référence à l’aide militaire américaine de près de 400 millions de dollars allouée par le Congrès que Donald Trump avait gelée cet été. «Quand un homme d’affaires est sur le point de signer un chèque à quelqu’un lui devant quelque chose, l’homme d’affaires demande que cette personne paie avant de signer le chèque.»

Profondes divisions

La première audience publique de l’enquête ukrainienne a une nouvelle fois mis en évidence les profondes divisions entre les élus de la majorité démocrate déterminés à mener l’enquête et les républicains cherchant à protéger le président des États-Unis d’une potentielle destitution. Les conservateurs ne sont guère intéressés par les témoignages des deux membres de l’administration Trump. Ils ont au contraire tenté de décrédibiliser les deux hommes.

Jim Jordan, l’un des plus ardents défenseurs de Donald Trump au Congrès, n’a cessé de rappeler à William Taylor qu’il n’avait pas assisté au coup de téléphone entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky le 25 juillet. «Ce que vous avez entendu ne s’est pas produit», a-t-il lancé à William Taylor. Pour les élus républicains, la décision de la Maison-Blanche d’autoriser le déblocage des 400 millions de dollars pour Kiev en septembre, sans que l’Ukraine n’ait eu à ouvrir une enquête sur la famille Biden, blanchit Donald Trump.

Adam Schiff, l’élu démocrate menant l’enquête parlementaire sur Donald Trump, a conclu l’audience en contrant cet argument. Il a rappelé que le montant n’avait été autorisé que lorsque la Maison-Blanche avait appris l’existence d’une plainte de la part d’un lanceur d’alerte.

Créé: 13.11.2019, 23h19

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