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SpectaclePour Eric Lecoultre, l’impro tend à devenir pro

La saison en cours d’Impro Suisse a été annulée. Rencontre avec son codirecteur.

Même si la saison d’Impro Suisse est annulée, Eric Lecoultre garde le sourire. De nouvelles activités d’été voient le jour.
Même si la saison d’Impro Suisse est annulée, Eric Lecoultre garde le sourire. De nouvelles activités d’été voient le jour.
Frank Mentha

On les applaudit fréquemment dans des spectacles comme «La générale improvisée», «Le bouquet» ou «Les Grands duels de l’impro». Eux, ce sont Laure Piguet, Nina Cachelin, Nadim Ahmed et une quinzaine d’autres, dont Eric Lecoultre, ex-journaliste, aujourd’hui codirecteur, improvisateur et formateur à Impro Suisse. Pour parler de cette heureuse entité créée il y a quelques années et qui rassemble de plus en plus de monde à Genève ou ailleurs, on lui fixe rendez-vous sur Skype. Malheureusement, la saison a été annulée. Plus de spectacles, plus de duels, même plus de stages ni de cours. «C’est sûr qu’il va y avoir un manque à gagner, témoigne-t-il. Une partie des enseignants se retrouvent au chômage partiel, les contrats et les prestations ont été annulés, mais les loyers continuent de s’échelonner. En revanche, nos activités d’été sont maintenues. Des stages thématiques de différents niveaux, mais aussi des ateliers de remise en forme, toutes les offres sont ouvertes sur notre site.» En dehors de cela, les improvisateurs ont lancé quelques activités en ligne sur Zoom. «Ce sont des doublages improvisés. Par exemple sur d’anciens épisodes d’AB Productions.»

La discipline a évolué

Concernant Impro Suisse, tout a commencé en 2011. «La structure a d’abord été créée à Lausanne, mais notre volonté, c’était de regrouper des gens de toutes les zones romandes en créant un organisme commun. A Genève, ce fut en 2016. Nous avions fondé la compagnie Story Factory avec Laure Piguet et on s’était dit que tout fusionner dans une structure unique serait bien. Puis Impro Suisse s’est étendue à Fribourg et Neuchâtel. A titre personnel, j’ai commencé l’improvisation en 2007. D’abord dans une équipe junior, au sein de la FIG (ndlr, Fédération d’improvisation genevoise). Cette équipe faisait en effet partie de la FIG et de son championnat junior. Depuis, j’ai constaté de nombreuses évolutions dans cette discipline. La période où le public lançait des savates sur les improvisateurs, je ne l’ai même pas connue. A l’époque, l’impro pouvait être encore considérée comme quelque chose de très bas de gamme. Alors qu’aujourd’hui, on se rend compte qu’elle offre également une porte d’entrée vers les arts de la scène. Il y a eu depuis un travail sur les formes, de plus grandes ambitions, des désirs de mise en scène. Ce qui vient aussi du fait qu’il y a de plus en plus de gens expérimentés dans le domaine. En impro, il existe désormais de nombreuses façons d’improviser.»

Nombre d’élèves croissant

A Genève, Impro Suisse n’est ainsi pas la seule structure à dispenser cette discipline. Il y a aussi Impro.ch. «Mais depuis 2016, le nombre d’élèves n’a cessé d’augmenter, confesse Eric Lecoultre. Chez nous, on en dénombre environ 160 à Genève, encore plus à Lausanne, où il y en a près de 300. Ce qui attire, c’est que tout cela est divertissant très vite. Pas besoin de savoir écrire ou mettre en scène, il suffit de lâcher prise et d’accepter de sortir de sa zone de confort. Aujourd’hui, je dirais que cela a tendance à se professionnaliser. Pour certains, c’est même devenu un débouché. Nous avons une dizaine de formateurs dans l’équipe, par exemple. Pourtant, nous vivons sans subventions. Uniquement des spectacles et des cotisations pour les cours. Nous souffrons d’ailleurs du manque de lieux. Sinon, nous faisons aussi du team building pour les entreprises et des stages pour que les gens apprennent à prendre confiance en public.»

Né à Genève, Eric Lecoultre, 31 ans, est tombé dans la marmite de l’impro il y a treize ans. Ce qu’il préfère, c’est la spontanéité totale qui peut s’en dégager. «Se laisser complètement porter par ce que dit son ou sa partenaire et l’instant présent. C’est le plus dur à obtenir et le plus grisant. En revanche, quand on joue avec d’autres personnes et que ce n’est pas collectif, cela crée de la tension et le résultat s’en ressent.» Parmi les stages qui auront lieu cet été, on trouve de l’initiation à la création d’histoires, un cours sur l’énergie et l’espace scénique, d’autres dédiés au chant, ou un autre plus intrigant inspiré par le cinéma de Tarantino. Et ce ne sont pas les seuls. Mais on vous laisse faire votre choix, si le cœur vous en dit, parmi tout le panel proposé.

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impro-suisse.ch

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