Fabio de Almeida, un «malade de foot» qui ne cherche pas à guérir

Football vaudoisL’entraîneur du FC Échichens est un fou de tactique. Tard le soir, tôt le matin, il profite de chaque occasion pour apprendre.

À 34 ans,  le technicien portugais a encore le temps d’aller voir plus haut. Pas par ambition, mais simplement par volonté d’apprendre toujours plus.

À 34 ans, le technicien portugais a encore le temps d’aller voir plus haut. Pas par ambition, mais simplement par volonté d’apprendre toujours plus.

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Tout là-haut, à 45 mètres du sol, Fabio de Almeida doit être attentif à chacun de ses mouvements. «Un mauvais geste et je peux tuer quelqu’un. C’est une grande responsabilité», explique le grutier de 34 ans, qui a passé l’entier de sa vie professionnelle aux commandes d’un engin fascinant. Chaque jour ouvrable, il passe neuf heures «en haut», loin du monde des terriens, et il n’en descend jamais. D’autres font l’aller-retour, pas lui. Durant sa pause de midi, «Fabio le grutier» se transforme en «coach Fabio», tablette sur les genoux, magazine consacré à la tactique dans les bras. Ce mardi, alors qu’il surplombe son chantier, la séance de midi est consacrée aux «séquences de perte» – avec l’exemple d’une équipe entraînée par Jürgen Klopp à l’appui. Elles représentent «20 minutes sur les 30 de temps de jeu effectif d’une mi-temps». Tout seul, un sandwich dans sa besace, Fabio de Almeida s’enrichit de savoir: «Même si je dois me concentrer en permanence sur mon travail, mon esprit n’est jamais loin du football.»

Échichens avant de grimper

Ce «malade de foot», comme il se définit lui-même, n’arrête jamais. Ses joueurs reçoivent des vidéos à 1 h 15 du matin dans leur groupe WhatsApp et… en redemandent. «C’est comme un cercle vertueux… ou vicieux, je ne sais pas. Plus je leur donne, plus ils en veulent.»

Entraîneur du FC Échichens, en 2e ligue inter, le Portugais, arrivé en Suisse à l’âge de 12 ans, ne cache pas son envie d’aller plus haut. «Ce n’est pas de l’ambition, c’est de l’envie d’apprendre. Je veux sans cesse me confronter aux meilleurs entraîneurs. Ce printemps, je me réjouissais de jouer contre Thierrens, de pouvoir comparer mon travail à celui de Vittorio Bevilacqua, une référence pour moi. Mais il a été viré la semaine avant de venir jouer chez nous! J’en ai voulu au président de Thierrens et je le lui ai dit», sourit celui qui dit avoir une «femme formidable», qui lui laisse le temps d’approfondir «son football» tard le soir à la maison. «La semaine dernière, on est allés au Cirque du Soleil avec le petit. En rentrant à 1 h du matin, j’ai étudié les balles arrêtées du Locle, notre futur adversaire», explique-t-il très sérieusement, en ayant conscience d’être un extrémiste.

«En fait, je n’en ai jamais assez. Cela me vient de mon enfance. Je suis né dans un quartier chaud de Porto, j’ai été élevé en foyer. Ça aurait pu mal tourner pour moi, le football m’a sauvé la vie.» À 10 ans, il s’échappe de l’école quasiment tous les jours pour aller à l’Estádio das Antas. «Il y avait la bise maritime, il faisait froid, mais je restais là. J’étais obsédé par Bobby Robson, l’entraîneur anglais.» Il admire aussi les joueurs comme Emil Kostadinov et Domingos, mais depuis tout petit, ce sont les coaches qui le font avancer et il s’inscrit ainsi dans la lignée de cette nouvelle génération d’entraîneurs portugais, tous diplômés en «périodisation tactique».

Il filme les matches par drone

Le technicien a des idées, qu’il met en pratique. Ainsi, tous les matches du FC Échichens sont filmés par drone, afin de disposer d’images utilisables à 100% sur le plan tactique. «Avec le drone, personne ne peut se cacher, tous les déplacements sont visibles. Je regarde chaque match trois ou quatre fois, en revenant en arrière, pour observer le comportement de chaque joueur. Des fois, ils me disent que je me trompe, qu’ils ont fait le bon appel. Je leur montre les images et ils sont obligés de reconnaître que j’ai raison», continue celui qui n’oublie pas de souligner tout son bonheur d’être à Échichens. «J’ai un staff en or, un président exceptionnel des joueurs qui adhèrent à 100% à ce qu’on fait. Mais un jour, je vais partir. J’ai envie d’apprendre le football, même si je sais que je vais mourir sans l’avoir compris, tellement il est complexe.»

Créé: 12.06.2019, 17h10

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