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CréationLa Compagnie La Bocca della Luna suspend le temps et la gravité de l’existence

Avec «Les tactiques du tic-tac», Muriel Imbach dévoile le 3e volet de sa trilogie au Théâtre de Vevey

Les explorateurs du temps de la Compagnie La Bocca della Luna dans le spectacle «Les tactiques du tic-tac».
Les explorateurs du temps de la Compagnie La Bocca della Luna dans le spectacle «Les tactiques du tic-tac».
SYLVAIN CHABLOZ

«Le temps est la chose sur laquelle s’inscrit la possibilité de nos vies.» En une phrase, l’astrophysicien Hubert Reeves poétise le réel, donnant un sens au passage du temps. Muriel Imbach lui répond en lançant sa propre enquête poétique, insolite et scientifique sur le temps avec «Les tactiques du tic-tac», son nouveau spectacle tous publics dès 9 ans.

«Je construis toujours mes créations à partir d’un questionnement», indique la metteuse en scène qui, avec sa Compagnie La Bocca della Luna, s’interroge en permanence sur notre manière d’être au monde. «J’ai réfléchi cette fois-ci à la durée limitée que nous traversons, à ce que nous pouvons faire avec ce temps qui nous est imparti. Nous entrons dans le temps avec notre naissance et en sortons, en mourant. Le temps est la matière première de nos vies.»

Après la question du sens de la vie («Le grand pourquoi», 2014) et la question du genre («Bleu pour les oranges, roses pour les éléphants», 2016), Muriel Imbach examine la question complexe du temps avec une méthode bien à elle qui consiste à empiler les strates de connaissances aux moyens de livres, d’essais, d’articles, de films ou de documentaires avant de se lancer dans le vif du sujet.

Paroles d'enfants

Elle rencontre alors des penseurs ou des experts du domaine, et part aussi à la rencontre d’enfants, entre 9 et 12 ans, en amont de création. «J’adore aller en classe. Les pensées et les idées des enfants deviennent la matière première de ce qui constitue la moelle épinière du projet.» De ses discussions animées menées au sein de classes genevoises et vaudoises, elle retire des heures de conversation qu’elle retranscrit ensuite pour s’en inspirer lors de la fabrication du spectacle. Quelques phrases frappent: «En fait quand on naît, on est déjà vieux!» ou «La vie ce n’est pas comme dans un jeu, mon papa est vraiment mort…»

Touchée par la justesse de certains propos, Muriel Imbach y voit de nouvelles manières d’aborder le concept du temps et d’attirer l’attention sur d’autres possibilités de le définir et de l’appréhender. De remettre en question les vérités absolues. D’ouvrir les regards. «Le temps est le tyran du siècle, mais on peut bousculer les certitudes. Refuser de se laisser happer. Par exemple, parler de la mort sans que cela soit lourd ou anxiogène.»

«Poèmes réflexifs»

Sur le plateau des répétitions au Reflet, à Vevey, une équipe bigarrée d’explorateurs (Frédéric Ozier, Selvi Purro, Pierre-Isaïe Duc et Cécile Goussard) donne l’image de la légèreté tout en concrétisant les notions graves de relativité et de présence au monde. Dans un décor de fils tendus qui parle d’infini et de multiplication des possibles, qui peuvent être tordus, rassemblées ou séparés, les interprètes mènent l’enquête en plusieurs étapes, y mêlant de la musique et des chants. «Ces moments suspendus sont ce que j’appelle des poèmes réflexifs où l’éclatement de la narration pousse le spectateur à percevoir des sensations et des émotions plutôt qu’une histoire.»

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