Chez les Padua, on chasse les primes de père et fils

Course à piedLes deux Colombiens suent sur nos beaux sentiers durant l’été pour améliorer leur ordinaire.

Saul Padua (à g.) et son fils Saul Antonio peuvent compter sur la solidarité d'Olivier Planchamp durant les deux mois passés en Suisse chaque année.

Saul Padua (à g.) et son fils Saul Antonio peuvent compter sur la solidarité d'Olivier Planchamp durant les deux mois passés en Suisse chaque année. Image: Philippe Maeder

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C’est tout juste s’ils ne s’excusent pas de nous accueillir dans un si coquet studio. «Jamais nous ne pourrions nous offrir un logement comme celui-ci en Suisse. C’est grâce à Olivier que nous sommes là.» Olivier, c’est Olivier Planchamp. 26 Sierre-Zinal, une quinzaine de 100 km et plus de 80 marathons à son actif. «On connaît un peu les cailloux», rigole le retraité chablaisien. La solidarité aussi, il connaît: dans sa villa de Collombey, Olivier Planchamp fournit chaque été depuis cinq ans le gîte et le couvert à Saul Padua (48 ans) et à son fils Saul Antonio (22 ans). Il joue les chauffeurs aussi, en calquant son programme de coureur sur celui de ses deux hôtes. «Si on peut aider… Chez eux, la vie n’est pas facile.»

En Colombie, il n’y est jamais allé, Olivier Planchamp. Il sait pourtant que le petit jardinier (160 cm pour 50 kg) de Santandercito, pueblo de 3000 habitants à 1600 m d’altitude, a tout juste de quoi faire vivre sa petite famille de quatre personnes. «Jamais je n’aurais pu construire ma maison si je n’avais pas eu la chance de venir en Suisse», explique Saul Padua.

Son petit chez-lui, le champion du monde 2000 de course de montagne l’a bâti brique par brique, en huit ans, au rythme des gains accumulés durant l’été dans les épreuves alpines. Oh, rien de mirobolant: 200 francs par-ci, 300 francs par-là… Le souvenir des 500 francs touchés pour une 5e place au Marathon de Zermatt illumine encore son visage. Ce n’est peut-être pas le Pérou, mais en Colombie Saul Padua doit travailler pendant près de deux mois pour gagner une telle somme.

«Nous ne sommes pas riches»
Victoire ou podium en montagne ne sont du reste pas toujours synonymes d’espèces sonnantes et trébuchantes. Les Padua ne comptent plus les fromages valaisans ramenés chez Olivier Planchamp. «On s’arrange, on arrondit…» rigole le septuagénaire en faisant référence à la contrepartie financière. Dimanche dernier, Padua junior n’a rien eu à monnayer: pas la moindre récompense pour sa superbe 4e place au Marathon du Mont-Blanc (2500 participants), pourtant une des épreuves de référence. «Si je pouvais, je courrais uniquement pour le plaisir, glisse-t-il, mais nous ne sommes pas riches. Depuis tout petit, je me suis entraîné dur pour pouvoir aider un jour mon père à ramener de l’argent au pays.»

Dans leur monde à eux, il n’est guère question de sponsoring. Plus que d’intérêt réciproque, c’est de solidarité montagnarde qu’il s’agit. Dans le Vieux-Pays, Saul Padua a tissé un solide réseau d’amitié depuis 1997 et son premier Sierre-Zinal (une 2e place comme meilleure performance, en 2000). La participation aux grandes classiques valaisannes s’accompagne ainsi du gîte et du couvert en station pendant quelques jours.

Dimanche, Montreux - Les Rochers
Durant leur été suisse, les Padua promènent leur petite foulée légère dans une dizaine d’épreuves de montagne, parfois à raison de deux par week-end. Celle qui les attend ce dimanche est une de leurs préférées. Si le père ne nourrit plus guère d’autre ambition que de participer, Saul Antonio compte bien triompher une quatrième fois au sommet des Rochers-de-Naye. Et mettre ainsi la main sur les 400 francs promis au vainqueur. «Pour le record (ndlr: 1000 francs de prime), ce sera très dur», glisse-t-il. L’affrontement s’annonce superbe entre le triple vainqueur colombien, le recordman néo-zélandais Jonathan Wyatt (1 h 25’ 36” en 2009), lui aussi annoncé sur la ligne de départ à Montreux, et quelques autres…

Créé: 02.07.2015, 16h27

Montreux - Les Rochers-de-Naye

Dimanche 5 juillet
Montreux - Les Rochers-de-Naye: 18,8km, 1600m de dénivellation. Départs à 7h30 (marcheurs) et 9h15 (coureurs).
Caux - Les Rochers-de-Naye: 9,5km, 920m de dénivellation. Départ à 9h30.
Finances d'inscriptions: 55 francs (départ de Montreux)et 45 francs (départ de Caux), y compris le retour en train depuis les Rochers-de-Naye.
Incriptions: sur place (à Montreux) jusqu’à une heure avant le départ.
Train pour les Rochers-de-Naye: Prix spécial de 35 francs (25 francs pour les conjoints des coureurs, 20 francs pour les moins de 16 ans)
Infos: www.montreuxlesrochersdenaye.ch

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