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EditorialÉconomie bien outillée pour redémarrer

La semaine où sont tombées les annonces de fermeture de la plupart des entreprises, excepté dans l’alimentation, des chantiers, le bouclage des frontières ainsi que l’immobilisation du trafic routier et l’arrêt de la quasi-totalité du trafic aérien, peu de monde s’imaginait échapper à une catastrophe économique. Mais seuls les parents des baby-boomers pouvaient avoir la représentation d’une situation similaire à un état de guerre.

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À l’échelle de la Suisse, presque toutes activités confondues, ni la crise financière de 2008, du franc fort en 2015, pas même les chocs pétroliers des années 1970 ou la longue crise des années 1990 – avec des pics de chômeurs – n’ont atteint une telle ampleur sismique pour l’économie que cette pandémie du coronavirus.

«Si l’on considère la réalité du tsunami qu’on vient de vivre, certains pourraient parler de miracle»

À peine plus de deux mois après ces événements, des pans entiers de l’activité économique ont redémarré leur moteur, presque sans ratés. Aujourd’hui, la BCV publie un sondage, malgré tout surprenant, qui montre que 40% des PME vaudoises sont optimistes pour la reprise. Il ne s’agit pas de tomber dans le triomphalisme: certaines branches ont été étranglées et de nombreux employés sont en train ou vont perdre leur travail. Le chômage va encore croître. Et il n’est pas du tout certain que l’économie mondiale, dont nous sommes si dépendants, reprenne si rapidement son rythme de croisière.

Il n’empêche, si l’on considère la réalité du tsunami qu’on vient de vivre, certains pourraient parler de miracle. On doit voir plus simplement que notre système, social, économique et d’organisation politique, est bien outillé. Le modèle de chômage partiel (RHT), renforcé ces deux dernières décennies, a montré son efficacité. Il permet de surmonter un choc passager et d’éviter nombre de faillites et de licenciements. Un autre aspect est la transformation de la majorité des entreprises vers un monde numérique et plus automatisé qui rend le coût du travail plus compétitif en améliorant les performances. Nées dans ce berceau, quantité de start-up – fers de lance de l’emploi désormais – semblent survoler la crise. Sans oublier la formation à tous les étages, on comprend pourquoi l’optimisme dans le monde économique peut regonfler le moral de ceux qui trinquent en ce moment.