Airbnb vient au secours des bailleurs sans locataire

ImmobilierL’augmentation des logements vides incite les régies à se tourner vers ce type de plateforme de location à court terme.

Se Raiffeisen, le nombre de logements locatifs inoccupés a augmenté de 56% en cinq ans en Suisse.

Se Raiffeisen, le nombre de logements locatifs inoccupés a augmenté de 56% en cinq ans en Suisse. Image: Keystone

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Il y a un peu moins d’un mois, Bernard Nicod tirait la sonnette d’alarme dans nos pages. «En moyenne, plus de 500 nouveaux logements arrivent sur le marché chaque mois. Le nombre de logements vides est en train d’exploser et le problème est que cela ne s’arrête pas, on construit beaucoup trop. C’est de la folie!»

Depuis plusieurs trimestres, les données disponibles ont tendance à donner raison au promoteur vaudois. Mardi, Raiffeisen enfonçait définitivement le clou avec son étude «Immobilier Suisse» puisque la banque y dévoile que le nombre de logements locatifs inoccupés a augmenté de 56% en cinq ans. «Actuellement, environ cinq fois plus de logements locatifs (soit 62'500 biens) que de logements en propriété sont inoccupés. Selon nos calculs, le taux de vacance en Suisse sur le marché locatif dépasse les 2,6%.»

Nouvelles constructions

Actuellement rien ne semble interrompre cette vague portée par les taux négatifs et la recherche de rendements sûrs. «Les investissements immobiliers restent attrayants malgré le taux de vacance. Le profil risque-rendement de ces placements reste en effet intéressant par rapport à ceux à taux fixe. La construction de nouveaux appartements locatifs n’est donc pas un problème en soi. On trouve surtout des investisseurs professionnels rationnels et non pas des spéculateurs», assure Michel Fleury. L’économiste de Raiffeisen Suisse précise toutefois que dans certaines régions où les taux de vacance sont élevés, il faudra faire preuve de «plus de prudence».

Mais le problème n’est-il vraiment que régional? Dans les années à venir, les principales villes romandes pourraient également faire face à une offre ne trouvant pas preneur. «Selon nos analyses, sur Vaud, le point d’équilibre de 1,3% de logements vacants sera franchi l’année prochaine. Quant à Genève, au vu du démarrage tardif de grands chantiers, nous estimons qu’il faudra deux années supplémentaires pour être dans la même situation», explique Hervé Froidevaux, directeur pour la Suisse romande de la société de conseil immobilier Wüest Partner.

La solution «Airbnb»

Potentiellement favorable aux locataires, cette évolution du marché enthousiasme peu les bailleurs et investisseurs. L’une des solutions en vogue s’appelle Airbnb. Dans l’attente de trouver un locataire à long terme, les propriétaires seraient incités à se tourner «vers ces plateformes de location à court terme». D’un point de vue financier, cette façon de faire permettrait en plus de faire fructifier un bien immobilier plus rapidement que dans le cadre d’un bail traditionnel.

Hervé Froidevaux montre un enthousiasme modéré pour cette solution. «Elle n’est pas idéale puisqu’elle concerne essentiellement les régions touristiques ou d’affaires (grandes villes et stations de montagne) et non pas celles affichant actuellement les plus forts taux de vacances comme Soleure (6,7%) ou la Thurgovie (4,8%)», explique le spécialiste.

L’Asloca ne soutient pas non plus ce genre de pratiques. «Elles confirment ce que nous craignions déjà il y a plusieurs années: la pénurie pourrait perdurer longtemps en ville. Car les appartements loués sur Airbnb se situent souvent dans les quartiers urbains les plus attractifs, notamment pour des familles qui souhaitent se loger durablement», regrette Pierre Zwahlen, secrétaire général adjoint de l’association défendant les intérêts des locataires.

À quelques mois de la votation pour l’initiative «Davantage de logements abordables», l’Asloca s’agace toujours de l’évolution globale des loyers en Suisse et surtout de la stratégie en vogue auprès des bailleurs d’offrir des mois de loyers gratuits plutôt que d’en diminuer les prix – les offres fleurissent tout autour de Lausanne. «Des loyers en baisse? Ce ne sont que des «infox», réagissait son président, Carlo Sommaruga.

Créé: 05.11.2019, 20h59

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