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Voyages L’avion et la voiture avec un seul passager sont de loin les modes de transport les plus polluants.

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L’avion, le train ou la voiture? Que choisir avant de faire ses valises? De plus en plus souvent, l’avion prend le dessus, notamment en raison des prix imbattables qui sont proposés. Les conséquences sont connues. La très forte croissance du trafic aérien contribue fortement à réchauffer le climat. Les autres modes de transport font-ils mieux? Et dans quelle mesure? C’est l’objectif de ce comparatif. Histoire de voyager en toute connaissance de cause.

Question de méthode

Comparer le niveau de pollution entre modes de transports revient à plonger dans un océan de chiffres et de formules à y perdre son latin. Pour réaliser notre graphique, nous avons utilisé deux comparateurs: Myclimate et Mobitool. Ce dernier a notamment été lancé par l’Office fédéral de l’environnement et Suisse Énergie. Quant à Myclimate, il est mentionné par la compagnie Swiss et l’Aéroport de Genève à l’intention des voyageurs qui souhaitent compenser leurs émissions.

Voiture et avion, les pires

Paris est la deuxième destination au départ de l’aéroport de Genève, avec un million de passagers par année, et la capitale est reliée par un TGV. C’est donc un bon exemple. Le pire moyen pour s’y rendre? En voiture, si on est seul au volant. Celle-ci génère 300 kg de CO2 sur ce trajet de 1000 km aller-retour. Dans ce cas, l’automobile pollue davantage que l’avion. Mais on part rarement seul en vacances. Avec un passager, les émissions sont divisées par deux, et par quatre si on voyage à quatre. Dans ces conditions, la voiture devient beaucoup moins polluante que l’avion. Ce dernier est toutefois désavantagé sur ce court trajet. Comme il consomme beaucoup de carburant pour décoller, son bilan est moins bon sur de petites distances. Pour Paris, il émet 330 grammes au kilomètre, mais 189 grammes s’il vole à Pékin.

Le train, le moins polluant

Le train reste, et de loin, le mode de transport qui émet le moins de gaz à effet de serre. Son impact est quinze fois moins important que l’avion. Ceci est surtout vrai avec le TGV français, qui est alimenté en bonne partie… par du courant nucléaire. Il dégage l’équivalent de 17 grammes de CO2 au km. En revanche, le train allemand émet trois fois plus de CO2. Sans doute parce que son électricité est en partie issue du charbon. Les CFF, eux, dégagent 7 grammes de CO2 au km.

Le trajet en direction de Berlin, deux fois plus long que vers Paris, présente dès lors un résultat plus contrasté. La voiture occupée par une seule personne reste la pire des solutions, et l’avion améliore sa performance par rapport au train. Ce dernier reste toutefois quatre fois moins polluant. Notons enfin le bon résultat des autocars.

Des chiffres surfaits?

Les émissions de CO2 pour les avions, telles que fournies par Myclimate, sont presque trois fois plus élevées que celles annoncées par Easyjet et par Swiss. Pourquoi une telle différence? «Nos chiffres représentent une moyenne de toute l’industrie aérienne, explique Kathrin Dellantonio à Myclimate. Mais certaines compagnies ont des taux d’occupation plus élevés, ce qui réduit le niveau d’émissions par personne. La flotte joue aussi un rôle. De ce fait, les compagnies low cost sont parfois moins polluantes.»

Mais la principale raison réside dans le fait que Myclimate prend aussi en compte les oxydes d’azote ainsi que les traînées de condensation et les cirrus qui se forment en haute altitude. Ces phénomènes renforcent l’effet de serre mais leurs effets réels, souvent sur le long terme, sont sujets à caution. «Ils peuvent multiplier par quatre l’impact climatique, relève Kathrin Dellantonio. Nous les avons multipliés par deux, selon une approche conservatrice.» Swiss, qui propose un calculateur basé sur 60'000 vols du groupe Lufthansa, n’intègre que les strictes émissions de CO2.

L’effet levier de l’avion

Si l’avion prend une telle ampleur dans la question climatique, c’est aussi en raison de son effet de levier. Comme les trajets sont plus longs en train ou en voiture, on n’entreprend de longs périples que rarement avec ces moyens de transport. Avec l’avion, on peut franchir plus souvent de longues distances pour un simple week-end prolongé. On multiplie ainsi les voyages polluants.

Le trafic aérien provoque 2,5% des émissions de CO2 dans le monde, sans compter les autres effets mentionnés plus haut. En Suisse, l’impact atteint 10%, les Helvètes volant plus souvent. En 2017, 4 milliards de passagers dans le monde ont pris l’avion. Ils devraient être 7,7 milliards en 2036. Swiss et Easyjet disent avoir réduit leurs émissions par personne de 30% en quinze ans. (24 heures)

Créé: 16.12.2018, 15h03

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