L’arc lémanique se presse pour racheter Hanjin

Commerce maritimeMSC à Genève confirme son intérêt pour des activités du septième armateur mondial.

Image: Reuters

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L’arc lémanique comme plate-forme du commerce maritime mondial pourrait sortir renforcé de la mise en faillite de Hanjin Shipping, à la tête de la septième plus importante flotte mondiale de navires marchands. Mediterranean Shipping Company SA (MSC), le deuxième plus important armateur mondial, basé à Genève, a confirmé hier «être en discussion avec le groupe sud-coréen pour lui racheter ses parts dans TTI (Total Terminals International)», un terminal de la côte ouest des Etats-Unis avec des installations à Long Beach et Seattle, selon sa porte-parole, faisant suite à une information parue dans le Wall Street Journal.

En plus de la vente de ses ports d’attache, la compagnie sud-coréenne a fait part, lundi également, de son intention de se débarrasser de toutes ses activités européennes. Hanjin Shipping veut tirer le rideau sur ses filiales dans une dizaine de pays du Vieux-Continent, dont la France, l’Italie, l’Espagne, la Pologne, le Danemark et l’Allemagne, où se trouve son siège régional. Surendetté, le groupe va réduire de 60% le nombre de ses 700 collaborateurs employés sur terre.

La Suisse ne souffrira pas

Et en Suisse? Rhenus, un des principaux groupes de logistique des Ports de Bâle, «ne prévoit pas d’effets négatifs», a affirmé sa porte-parole, Claudia Bracher. Pour Eric André non plus, la Suisse en général n’a pas de soucis à se faire. «La faillite de Hanjin Shipping n’a aucune influence sur notre marché, ni sur l’approvisionnement du pays», a expliqué le patron de Suisse-Atlantique Société de Navigation Maritime SA, basée à Renens.

«Il y a un surplus de containers, donc les livraisons de marchandises ne vont pas souffrir» de la possible faillite de ce groupe sud-coréen ou de sa massive restructuration détaillée hier, a-t-il ajouté.

Beat Gujer, chef d’état-major de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE), estime aussi que «l’approvisionnement de la Suisse ne sera pas remis en cause si Hanjin Shipping doit être mis en faillite» par un tribunal sud-coréen. Ce dernier décidera, sur la base d’un plan de relance qui doit lui parvenir d’ici au 25 novembre, s’il placera l’armateur coréen en redressement, avec surveillance de sa gestion et rééchelonnement de sa dette, ou en liquidation.

A la tête de la plus nombreuse flotte battant pavillon suisse, Eric André reconnaît pourtant que la situation est très sérieuse. «Nous vivons la plus grande crise du transport maritime de l’histoire, et sans une reprise du commerce mondial, une croissance sérieuse et rapide ne sera pas au rendez-vous, même si quelques améliorations temporaires sont possibles», poursuit le représentant de la 5e génération de la famille André.

Si certaines sociétés, comme MSC à Genève, peuvent racheter des parts de l’armateur sud-coréen, les entreprises de location de capacités de fret restent elles assez neutres au sujet des problèmes de Hanjin. Principalement parce qu’elles travaillent plutôt avec d’autres armateurs.

Le groupe schwytzois Kühne et Nagel, groupe leader mondial dans le fret maritime, indique «avoir transporté de petites quantités avec Hanjin, des biens qui ne doivent pas arriver à bon port dans des délais précis (matériel à recycler)». La porte-parole du groupe, Inge Laugle, a pourtant expliqué que la mise en situation d’incapacité de payer de la compagnie coréenne «a très fortement fait grimper les frais de certaines routes maritimes. Comme cette hausse des charges n’a pas pu être répercutée tout de suite au marché, les marges étaient sous pression en septembre.»

Marché chamboulé

Le bâlois Panalpina, qui présente ce mardi ses résultats sur neuf mois, dit que «Hanjin Shipping n’est pas un partenaire stratégique dans le fret maritime. Les volumes touchés par les problèmes de la société étaient très faibles pour notre entreprise», a précisé son porte-parole Sandro Hofer.

Des ports ont refusé l’accès à des dizaines de navires de Hanjin quand la compagnie a annoncé un processus de mise en faillite, la fin du mois d’août, chamboulant encore plus un marché maritime déjà malmené.

Relance

La flotte suisse est à moitié lémanique

La Suisse possède aussi sa propre marine marchande, d’une capacité de chargement totale de 1,7 million de tonnes, ce qui équivaut à environ un pour mille du tonnage mondial. Les 49 vaisseaux sous pavillon suisse sont exploités par six sociétés d’armateurs. La moitié est basée à Zurich (Reederei Zürich AG, Enzian Ship, Swiss Chem Schiffahrts) et l’autre entre Renens et Genève (Suisse-Atlantique, Massoel, ABC Maritime). Le siège de ces sociétés doit obligatoirement se situer en Suisse. Les bateaux sont privés mais peuvent être mis au service de l’approvisionnement économique du pays en temps de crise et de guerre. Autre élément particulier, l’Office suisse de la navigation maritime (OSNM), qui supervise la flotte de commerce helvétique, est rattaché au Département fédéral des affaires étrangères. Quant au cordon ombilical direct qui relie la Suisse aux ports de haute mer de Rotterdam, Anvers et Amsterdam, il trouve son attache aux ports rhénans, à Bâle, Birsfelden et Muttenz. Par le Rhin, la Suisse importe 10% à 12% du total des marchandises qui arrivent dans le pays. Cette part grimpe par exemple à 75% pour l’essence et le mazout. T.T.

Créé: 25.10.2016, 08h21

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