L’économie suisse faiblit, mais l’emploi reste solide

ConjonctureL’institut BAK Economics prévoit un ralentissement de la croissance cette année, tout en excluant un risque de récession.

Les grandes fédérations sportives - telle l'UEFA - contribuent à la croissance du PIB.

Les grandes fédérations sportives - telle l'UEFA - contribuent à la croissance du PIB. Image: DR.

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Avec quelques variations dans les niveaux de pessimisme ou d’optimisme, les diverses prévisions convergent: l’économie suisse faiblira en 2019. Dévoilant aujourd’hui ses propres anticipations, l’institut de recherche conjoncturelle bâlois BAK annonce cependant un marché de l’emploi toujours solide.

Nous devons donc nous préparer à un ralentissement de la croissance. Après une appréciable hausse du PIB (produit intérieur brut) helvétique l’an dernier, à savoir 2,6% selon l’institut, l’augmentation de création de valeur devrait se limiter à tout juste 1,2% cette année.

Ce recul significatif serait tout particulièrement induit par l’affaiblissement d’un vecteur de croissance majeur dans l’économie du pays: l’investissement dans la construction, qui reculerait de 0,4% en 2019 et progresserait d’à peine 0,2% l’année suivante. Cette baisse dans ce secteur, la première depuis dix ans, est notamment causée par une modération de l’immigration

Contribution du sport

«Nous nous attendons en plus à une hausse des taux directeurs de la Banque nationale suisse au quatrième trimestre», prévient Reto Krummenacher, directeur chez BAK Economics. Pronostic partagé avec UBS. Il s’agirait probablement d’un relèvement du «–0,75%», en vigueur depuis 2015, à – 0,5%. Une telle décision renchérirait évidemment les coûts de financement de tout investissement.

Parfaitement en ligne avec la moyenne nationale, la hausse du PIB dans le bassin lémanique (cantons de Vaud et de Genève) devrait atteindre 1,2% cette année. Contre probablement 2,5% en 2018. Les industries horlogère, chimique et pharmaceutique avaient contribué de façon significative à cette hausse.

La plus belle performance est cependant attendue cette année dans les deux Bâles. Dans les demi-cantons, situés aux confins de l’Allemagne et de la France, la croissance du PIB devrait s’élever à 2,5%. Soit plus du double de la moyenne nationale, après une envolée de 4% réussie l’an dernier. La chimie et la pharma participent évidemment en première ligne à ces succès.

Aux environs de la capitale économique du pays, soit dans les cantons de Zurich et d’Argovie, les scores s’avèrent en revanche plus ternes. La croissance du PIB ne devrait pas y excéder 0,2% en 2019, après un 2,8% en 2018. À propos de cette région, et comme dans celle du bassin lémanique, les experts de BAK Economics relèvent les contributions non négligeables des grandes fédérations sportives. Autrement dit le CIO (Comité international olympique) à Lausanne, l’UEFA (Union of European Football Associations) à Nyon et la FIFA (Fédération internationale de football association) à Zurich.

Propices au pessimisme

Les joies du sport ne dissiperont pourtant guère la morosité conjoncturelle globale. Plusieurs facteurs se révèlent propices à un lourd pessimisme. Comme une éventuelle aggravation de la guerre commerciale entre les deux premières économies mondiales, les États-Unis et la Chine populaire, un Brexit chargé de plus en plus d’incertitudes et un endettement mondial très élevé.

En dépit d’auspices si peu favorables, les spécialistes de BAK Economics excluent un risque de récession en Suisse. Ils prévoient en outre un marché de l’emploi helvétique toujours solide. Même si, après le recul du taux de chômage (corrigé des variations saisonnières) de 3% à 2,4% en 2018, les espoirs de nouvelle baisse de ce fléau paraissent ténus.

Divergences de vues

Ce si faible taux de chômage laisse dès lors augurer une hausse de la consommation des ménages, «véritable pilier conjoncturel», de 1,5% cette année, selon BAK Economics. L’Institut de recherche conjoncturelle de l’École polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) observe de son côté des indicateurs fort négatifs pesant sur les perspectives de consommation des ménages.

(24 heures)

Créé: 17.01.2019, 22h48

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