L'enquête sur Novartis vire au scandale politique

GrèceDix anciens ministres auraient permis au géant pharmaceutique bâlois de gonfler ses ventes en Grèce et ses tarifs.

Une vue extérieur des bâtiments Novartis en Grèce, à Athènes.

Une vue extérieur des bâtiments Novartis en Grèce, à Athènes. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

L'affaire des pots-de-vin présumés versés en Grèce par le géant pharmaceutique bâlois Novartis a tourné mardi au scandale politique. Dix ténors des précédents gouvernements seraient impliqués, mais la plupart dénoncent une machination du pouvoir.

La liste inclut au total deux ex-premiers ministres et huit ex-ministres notamment de la santé, soit une bonne partie du gotha de l'opposition au premier ministre de gauche, Alexis Tsipras. Y figurent notamment l'ex-premier ministre conservateur (Nouvelle Démocratie, ND) Antonis Samaras, l'actuel gouverneur de la Banque centrale Yannis Stournaras, l'actuel commissaire européen aux migrations, le conservateur Dimitris Avramopoulos, le poids lourd socialiste Evangelos Venizelos, et le numéro deux de ND, Adonis Georgiadis.

A l'issue d'une enquête du parquet anticorruption ouverte en 2016 contre Novartis pour des faits qui remonteraient à la période 2006-2015, la partie du dossier concernant ces responsables a été transmise mardi au parlement, le seul habilité à enquêter sur des anciens membres du gouvernement.

Accusation de diffamation

Le parlement devra examiner s'ils ont fauté en permettant à Novartis de gonfler ses ventes en Grèce et ses tarifs, ce dont le groupe est soupçonné. Le parquet anticorruption a aussi lancé des poursuites contre un de ses dirigeants en Grèce, et poursuit l'enquête dans son volet non politique.

Parmi les têtes d'affiche citées, Antonis Samaras a dénoncé une «nouvelle diffamation de Alexis Tsipras», qui lui avait succédé au pouvoir il y a trois ans, assurant que ses accusateurs «devront en répondre devant la justice». Affirmant n'avoir eu aucune compétence en matière de politique du médicament, Dimitris Avramopoulos a démenti toute implication, tout comme Yannis Stournaras. Ce dernier a en sus dénoncé, en employant le mot anglais, un «bullying» (harcèlement) à son encontre de la part du gouvernement de gauche.

La thèse d'une machination politique a aussi été avancée par Evangelos Venizelos, allié gouvernemental de Antonis Samaras avant l'arrivée au pouvoir de Syriza, le parti de Alexis Tsipras.

Novartis dit coopérer

«L'enquête montrera s'il y a implication ou pas», a rétorqué le ministre de la justice, Stavros Kontonis, déniant toute «intervention politique», sur la chaîne publique «Ert1». L'affaire «est d'une énorme ampleur», a-t-il ajouté. Il avait estimé en avril que Novartis avait probablement soudoyé «des milliers» de médecins et fonctionnaires, une affaire d'autant plus sensible que la santé publique a été frappée de plein fouet en Grèce par neuf ans d'austérité.

La branche grecque de Novartis a indiqué lundi «continuer à coopérer» avec les autorités, sans plus de commentaires.

(ats/nxp)

Créé: 06.02.2018, 12h18

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Un chien accompagne une pasteure dans les EMS, paru le 23 mai 2018
Plus...