L'industrie suisse renaît de ses cendres

Industrie MEMLe franc fort a fait perdre trois fois moins d'emplois que la crise de 2008-2010. Swissmem soutient la Banque nationale suisse.

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L'industrie suisse des machines, de l'électronique et des métaux (MEM) rebondit fortement au premier semestre 2016. «Ce rebond va s'inscrire dans la durée, et nous demandons pour cela que la Banque nationale suisse (BNS), attaquée frontalement des derniers jours, puissent maintenir ses taux d'intérêts négatifs qui assurent entre autres un euro autour de 1fr.10», a dit mercredi en conférence de presse le président de Swissmem, Hans Hess.

Pour que cela soit le cas, il faudra aussi que «la mise en place de l'Initiative contre l'immigration de masse ne remette pas en cause les accords bilatéraux, sans quoi nous seront confrontés aux mêmes effets désastreux qu'avec la levée du taux de change plancher», a-t-il poursuivi.

Après une baisse continuelle sur l'ensemble de l'année 2015, les entrées de commandes des industries MEM ont enregistré une hausse de 9,6% par rapport à la première moitié de l'année passée. Les effets positifs de ces nouvelles commandes se feront sentir d'une manière décalée sur le chiffre d'affaires qui était stable d'un semestre à l'autre.

Etonné par la hausse des embauches au deuxième trimestre 2016

Les embauches ont même repris du premier au deuxième trimestre 2016. Les postes dans l'industrie sont passés de 319'400 emplois à fin mars, à 321'000 à fin juin. «Cela qui nous a fortement étonnée», a commenté le directeur de Swissmem, Peter Dietrich.

De sorte que les jobs perdus dans l'industrie suisse se portent à 7500 unités depuis le début 2015 (328 500 unités) jusqu'en juin 2016, soit 2,3% du total, quand le taux de change plancher a été enlevé par la Banque nationale suisse (BNS).

6,5% des emplois détruits juste après la crise

En guise de comparaison, la période de 2008 à fin 2010, au plus fort de la crise financière, a détruit trois fois davantage d'emplois que la levée du taux de change plancher. Sur cette période-là, les postes sont passé de 351'200 à 329'900, ce qui correspond à la destruction de 21'300 postes (6,5% du total de l'époque).

«Vu cette faible part des emplois perdus actuellement suite au franc fort, nous ne pouvons pas parler, et ne l'avons du reste jamais fait, de désindustrialisation en Suisse. La seule chose que nous observons par contre, c'est que les entreprises maintiennent leurs capacités en Suisse, mais par contre en construisent de nouvelles, quand elles le peuvent, à l'étranger», a poursuivi Hans Hess.

Soutien à la position de l'Union patronale suisse

Revenant sur l'interview d'une page entière éditée ce matin dans la Neue Zürcher Zeitung donnée par le patron des patrons suisses, Valentin Vogt, le président de Swissmem a dit en gros «soutenir cette position, à savoir qu'il faut quant même un seuil limite supérieur à l'immigration en Suisse, sans quoi l'esprit de l'initiative acceptée par la Suisse serait trahi».

«Que nos positions se rejoignent n'est en soi pas tout à fait surprenant, car nous avons aussi participé à l'élaboration de cette proposition», a-t-il ajouté.

Et «appliquer ce seuil limite ne serait pas un problème et ne signifierait pas la fin des accords bilatéraux, car l'article de loi existant dans les accords bilatéraux et permettant des exceptions pourra être utilisés pour l'assurer», a ajouté le président de Swissmem.

Créé: 31.08.2016, 13h27

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