La BNS reconduit sa politique monétaire

SuisseLa Banque nationale suisse a maintenu jeudi le taux de référence Libor à trois mois dans une marge entre -1,25% et -0,25%. L'euro s'appréciait après cette décision.

Photo d'illustration. Image: Keystone

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La Banque nationale suisse (BNS) a comme attendu reconduit sa politique monétaire expansionniste. Le franc demeure à un niveau élevé, même s'il s'est déprécié ces derniers mois.

Il est encore «trop tôt» pour discuter d'une normalisation de la politique monétaire, a relevé jeudi Thomas Jordan, le président du directoire de la BNS, lors de la conférence de presse de fin d'année de l'institution. Il a dit «ne pas être pressé» à ce sujet.

«Une nouvelle appréciation du franc menacerait toujours l'évolution des prix et de la conjoncture», a avancé le Biennois. C'est pourquoi «nous maintenons le cap expansionniste de notre politique afin de stabiliser l'évolution des prix et de soutenir l'évolution économique.»

Jeudi, la BNS a conservé son taux de référence, la marge de fluctuation du Libor à trois mois, entre -1,25% et -0,25%. Elle a également maintenu en zone négative, à -0,75%, le taux d'intérêt appliqué aux avoirs à vue détenus par les banques auprès d'elle.

Augmentation des prix du pétrole

L'institution a aussi revu légèrement à la hausse ses prévisions d'inflation à court terme pour refléter l'augmentation des prix du pétrole et le nouvel affaiblissement du franc. L'inflation est ainsi attendue à 0,5% en 2017 (contre 0,4% précédemment) et 0,7% en 2018 (après 0,4% dans la prévision de septembre). Mais à plus long terme, «les pressions inflationnistes ne seront pas plus élevées», a estimé M. Jordan. Pour 2019, la BNS table toujours sur une prévision de 1,1%.

Dans une note, Credit Suisse a mis en avant le fait que la BNS a publié des prévisions d'inflation à long terme suggérant pour la première fois depuis juin 2011 «qu'un resserrement de la politique monétaire sera nécessaire pour garantir une stabilité des prix».

Impulsion des exportations

La reprise de l'économie suisse devrait, elle, se poursuivre dans les mois à venir, grâce à un environnement international porteur et aux conditions monétaires favorables, selon la BNS. Elle prévoit ainsi une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1% pour l'année en cours, contre «près de 1%» en septembre.

Pour 2018, l'institution s'attend à un PIB «d'environ 2%». Elle compte sur de plus fortes impulsions sur la croissance provenant notamment des exportations et des investissements des entreprises par rapport à 2017.

Risque d'une nouvelle appréciation

Le franc a encore perdu en vigueur - tant face à l'euro que face au dollar - depuis le dernier examen de la situation en septembre. Cet affaiblissement reflète le fait que les valeurs refuges sont actuellement moins recherchées, a remarqué Thomas Jordan.

Selon les analystes de Deutsche Bank, cités par l'agence financière awp, «l'amélioration de la situation conjoncturelle et politique dans l'union monétaire devrait encourager les retraits des places refuges comme la Suisse, comme le suggère le repli des dépôts en francs d'investisseurs étrangers en Suisse».

En juillet, le franc s'était déjà nettement affaibli vis-à-vis de l'euro en raison de la dispersion du risque en zone euro consécutif à l'élection présidentielle en France. Mais dans l'ensemble, «le franc n'a plus faibli au cours des dernières semaines» malgré un environnement de marché positif, a observé Andréa Maechler, membre de la direction générale de la BNS.

La situation reste «fragile» et «le risque d'une nouvelle appréciation persiste», a-t-elle ajouté. Le franc s'affaiblissait toutefois face à l'euro jeudi.

Vers 15h00, la devise européenne se négociait sur les marchés des changes à 1,1678 franc, contre 1,1644 franc avant les annonces de la BNS. La monnaie unique se traitait à un cours moyen de 1,1678 franc en novembre et 1,1607 franc fin octobre.

Propension élevée au risque

Par ailleurs, les déséquilibres sur les marchés hypothécaires et immobiliers font toujours l'objet d'une surveillance spécifique, a souligné Fritz Zurbrügg, vice-président de la BNS. Les banques axées sur le marché intérieur continuent notamment de «présenter une propension élevée au risque, en particulier en ce qui concerne le dépassement de la capacité financière des emprunteurs.»

Cela étant, la majorité de ces établissements pourrait couvrir les pertes découlant de scénarios défavorables en raison de leur bonne dotation en fonds propres, selon les simulations de crise effectuées. (ats/nxp)

Créé: 14.12.2017, 09h56

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