La concurrence est rude pour les PME suisses

CommerceLa moitié des PME est aujourd'hui confrontée à la concurrence internationale, contre une sur trois il y a dix ans, selon une récente étude.

L'internalisation du marché interne suisse est galopante.

L'internalisation du marché interne suisse est galopante. Image: Archives/Keystone

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La concurrence étrangère s'est particulièrement intensifiée pour les petites et moyennes entreprises (PME) suisses. Cette compétition internationale n'est plus uniquement réservée aux sociétés exportatrices, mais concerne de plus en plus celles tournées vers le marché domestique, affirme jeudi Credit Suisse dans une étude. La construction et le commerce doivent y faire face.

La moitié des PME est aujourd'hui confrontée à la concurrence internationale, contre une sur trois il y a dix ans, résume le numéro deux bancaire helvétique. Les entreprises exportatrices sont bien armées pour y répondre et peuvent même amortir les fluctuations des devises. Le franc fort les oblige à sans cesse se développer et investir, ce qui contribue d'une manière non négligeable à une compétitivité durable, affirment les économistes de Credit Suisse.

La situation est tout autre pour les sociétés qui se concentrent sur le marché indigène, qui pour certaines n'ont «jamais eu à affronter une concurrence du monde entier». Il s'agit d'une large majorité puisque à peine 20% des PME suisses réalisent une partie de leur chiffre d'affaires à l'étranger et 7% disposent d'un site hors territoire helvétique. Ces dix dernières années, les entreprises étrangères ont contesté de plus en plus des parts de marché dans le pré carré de leurs rivales suisses. La concurrence vient principalement des pays limitrophes, mais pas seulement. Pour 10% des participants à l'étude, la compétition est chinoise.

La santé, le social et l'enseignement semblent épargnés par ce phénomène, qui touche en revanche de plein fouet les secteurs traditionnellement tournés vers le marché domestique que sont le commerce et la construction.

Numérisation parfois sous-estimée

L'internalisation du marché interne suisse est galopante. Credit Suisse cite à titre d'exemple le nombre de PME désormais confrontées à la concurrence chinoise, en hausse de 70% par rapport à dix ans. L'Empire du Milieu n'est toutefois pas perçu comme la menace commerciale la plus sérieuse, contrairement aux pays européens proches.

Les entreprises non exportatrices sont fortement concernées par cette recrudescence de rivaux étrangers. Leur nombre a crû de 60% en dix ans. La numérisation des activités, en particulier l'avènement du commerce en ligne, a contribué à cette situation. Selon les spécialistes de la banque aux deux voiles, les PME suisses ont dans leur majorité bien compris les enjeux et se sont préparées afin de négocier le virage technologique.

Credit Suisse pointe néanmoins du doigt le «nombre étonnant» de petites et moyennes sociétés qui considèrent qu'elles ne seront que marginalement touchées par la numérisation dans un avenir proche. Une désinvolture qui pourrait mettre en danger leur compétitivité sur le long terme.

Selon les résultats de l'étude, les PME sont plutôt optimistes et attribuent une note moyenne à élevée à la Suisse en termes de compétitivité. Dans l'industrie, 15% des sondés estiment que leur société occupe une position de leader mondial. Credit Suisse a interrogé 1000 PME suisses dans tous les cantons et tous les secteurs d'activité. (ats/nxp)

Créé: 30.08.2018, 10h10

La force du franc n'est pas un problème

Moins d'une PME suisse sur cinq (19%) considère que les fluctuations des taux de change constituent un défi majeur pour la marche de leurs affaires, selon une étude de Credit Suisse réalisée auprès d'un millier d'entre elles et publiée jeudi.

Dans l'ensemble, elles se sont bien adaptées au renforcement du franc suite à l'abandon du taux plancher et paraissent bien armées face à l'avenir.

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