La réponse économique au coronavirus rassure un peu

ÉpidémieGouvernements et banques centrales interviennent pour soutenir l’économie mondiale. La Fed baisse ses taux par surprise.

Les investisseurs veulent croire en la réponse économique des autorités.

Les investisseurs veulent croire en la réponse économique des autorités. Image: AFP

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On va agir. C’est le message qui est ressorti, mardi, d’une conférence téléphonique entre banquiers centraux et ministres des Finances du G7 sur la réponse économique à apporter au coronavirus. Ce dernier menace de gripper l’économie mondiale. Les autorités ont promis de tout faire pour limiter la casse.

Dans la foulée, la Banque centrale américaine a été la première à sortir un atout de sa manche. La Fed a diminué ses taux directeurs par surprise de 0,5%. La décision de réduire les taux en dehors du calendrier habituel des réunions monétaires a été prise à l’unanimité, souligne le communiqué de l’institut. Une première depuis la crise financière de 2008. Avec cette décision, la Fed cherche à rassurer les investisseurs et les marchés financiers.

Les marchés reprennent du poil de la bête

Les Bourses ont lourdement chuté la semaine dernière, laissant craindre qu’un krach boursier ne se produise. Mais les nuages ont commencé à se dissiper. Les actions se sont redressées en début de semaine, les investisseurs étant quelque peu rassurés par l’action concertée des autorités. Puis, elles ont replongé mardi en fin de journée aux États-Unis

«Je peux vous assurer qu’au niveau du G7, comme au niveau de la zone euro, nous aurons des réponses coordonnées, fortes, rapides, face à cette crise», a insisté Bruno Le Maire, le ministre français de l’Économie et des Finances, en marge de la conférence téléphonique.

En début de semaine, ce dernier a rencontré son homologue allemand, Olaf Scholz, et a échangé avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, pour déterminer les réponses à apporter à cette crise.

La situation est très délicate. D’après l’OCDE, l’économie mondiale ne devrait avancer que d’un petit 2,4% cette année, alors que l’organisation internationale parlait encore de 2,9% avant l’épidémie. Ce niveau était déjà le plus bas enregistré depuis la crise financière de la fin des années 2000.

Les premières réponses sont venues de Pékin la semaine dernière déjà. Un peu de lest a été lâché en matière budgétaire. La Chine a annoncé un vaste plan d’aide aux petites et moyennes entreprises fragilisées par le coronavirus, incitant les banques à offrir des prêts à des taux préférentiels.

«L’Italie veut également le faire, indique Jérôme Schupp, analyste financier chez Prime Partners, à Genève. Ces crédits relais permettront d’assurer un fonds de roulement aux nombreuses PME présentes dans le nord de la péninsule qui se retrouvent en difficulté.» De l’industrie du textile à celle des machines-outils, on espère bientôt respirer un peu mieux.

Précieuses munitions

Ces premières décisions individuelles n’ont pas été apportées dans le cadre du G7, qui regroupe l’Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon et le Royaume-Uni. «Le G7 n’allait pas griller toutes ses munitions avant d’avoir une idée sur l’évolution de l’épidémie et ses conséquences», estime le financier.

Mais au fait, quelles sont ces munitions? Elles proviennent d’une part des banquiers centraux. La Banque centrale américaine (Fed) ne vient-elle pas de réduire ses taux directeurs, afin de pousser les banques à prêter aux entreprises et particuliers à des taux attractifs? Une manière très concrète de soutenir l’économie.

En Europe, la réponse de la Banque centrale devrait passer par de nouveaux rachats d’obligations d’entreprises, ce qui aidera au financement de ces dernières à bon compte. Car ces rachats permettent de réduire le loyer de l’argent.

Les munitions se trouvent, d’autre part, directement en mains des États européens. Ces derniers pourraient lancer de vastes plans de relance et renoncer à l’orthodoxie budgétaire. «Cette crise devrait pousser les Européens à se mettre d’accord sur un ambitieux programme de relance économique favorisant les investissements dans les infrastructures et la transition énergétique», relève Jérôme Schupp.

Bon pour l’emploi

Chemins de fer, ponts, écoles ou encore isolation des bâtiments en profiteraient pour se refaire une beauté. «Cela aurait le double avantage de créer une dynamique positive sur l’emploi et de fédérer les Européens», assure le financier.

Ce n’est pas gagné d’avance. Les tensions sont vives dans l’Union européenne en matière de dépenses publiques. La position soutenue par l’Espagne et la France, privilégiant davantage de dépenses budgétaires, peut-elle convaincre les très orthodoxes Néerlandais, Suédois, Danois, Autrichiens et Allemands? «L’Allemagne, déjà touchée par la crise du marché automobile, souffre du coronavirus, qui pèse sur ses PME et ses géants industriels», souligne Jérôme Schupp. Bref, la crise sanitaire permettra peut-être de chasser la crise politique en Europe.

Créé: 03.03.2020, 18h18

L’effet du coronavirus ne va pas durer

Sans surprise, l’épidémie de coronavirus touchera l’économie suisse. La croissance va fléchir ces prochains mois en raison de la crise sanitaire, analysent les économistes de l’institut BAK. Pour 2020, les prévisions de croissance ont été réduites de 1,5% à 1,3%.

Au premier trimestre , l’économie devrait avancer de seulement 0,2%, et une stagnation est même attendue pour le deuxième. Mais la suite devrait être meilleure. «Si le premier trimestre et le début du second seront perturbés, on va ensuite revenir au niveau de croissance qui était attendu avant la crise, relève Samy Chaar, chef économiste de Lombard Odier. Ce sera un peu mieux qu’en Europe, mais un peu moins bien qu’aux États-Unis.» Ce dernier ajoute: «C’est un peu comme si une tempête de neige touchait lepays pendant quelques mois. Après la crise, on passe à autre chose.»

À court terme, le coronavirus va toucher les chaînes de production mondiales, ce qui pénalise les PME exportatrices suisses. Le secteur du tourisme est également affecté, alors que l’annulation d’événements de poids, sportifs notamment, va aussi peser sur la croissance. Pour 2021, le ciel devrait même se dégager . L’institut bâlois a ainsi relevé ses attentes, prédisant une progression du PIB de 1,4%, contre 1,3% précédemment. N.P.

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