Le commerce mondial ne soutient plus la croissance

ConjonctureLes échanges mondiaux stagnent, déplore le KOF, tandis que la Suisse se rend en force à l’assemblée générale du FMI.

«Les volumes d’échanges mondiaux stagnent depuis la crise», selon le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm.

«Les volumes d’échanges mondiaux stagnent depuis la crise», selon le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM) s’est ouverte cette semaine à Washington sur une ferme mise en garde: tourner le dos au commerce mondial ne fera qu’aggraver les maux d’une économie planétaire déjà en berne. La poussée protectionniste aux Etats-Unis et en Europe inquiète les grands dirigeants économiques réunis dans la capitale américaine.

Emmenée d’aujourd’hui à dimanche aux Etats-Unis par Ueli Maurer, conseiller fédéral en charge des Finances, et Thomas Jordan, président de la Banque nationale suisse, la délégation helvétique «soutient les travaux du FMI concernant la mondialisation». Le Fonds veut, entre autres, montrer l’importance à long terme de la libre circulation des capitaux et des marchés ouverts pour la croissance et le développement.

France et Italie en berne

Et la tâche s’avère herculéenne pour arriver à relancer les échanges mondiaux, tant la machine semble grippée. Le directeur du KOF, Jan-Egbert Sturm, a souligné hier en présentant ses prévisions conjoncturelles d’automne «que les volumes d’échanges mondiaux se trouvent pratiquement en situation de stagnation depuis leur effondrement en 2009 à cause de la crise financière».

Du point de vue de la Suisse, ce sont surtout ses échanges avec l’Europe, la Chine et les Etats-Unis qui comptent. Et en Europe, «la locomotive allemande connaît encore une bonne croissance, ce qui n’est pas le cas ni de la France ni de l’Italie, toujours en difficulté», a poursuivi le chef de ce centre de recherche conjoncturel rattaché au Poly de Zurich.

Pour la Suisse, le «Brexit», la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne acceptée au début de l’été, «n’a qu’une influence modérée sur la croissance suisse, en faisant reculer son produit intérieur brut de 0,5% en 2018 en appliquant le scénario du pire», a poursuivi le directeur du KOF.

Toujours concernant l’économie nationale, le centre de recherches conjoncturelles suisse a rouvert hier la boîte de Pandore en rappelant que les dernières estimations publiées en août par l’Office fédéral de la statistique «montrent que l’industrie suisse a été bien davantage touchée en 2015 par le franc fort que ne l’a estimé le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO)». Contrairement à ce qui a été affirmé jusqu’à présent, «les entreprises suisses n’ont pas pu augmenter leur volume tout en s’accommodant de lourdes pertes de marges». Elles ont réalisé moins de recettes. La production industrielle a reculé de 0,9%.

Banques en difficulté

Mais la plus importante baisse de régime a été en fait enregistrée par les banques, qui ont perdu 9% de leurs volumes suite à l’abandon du taux de change plancher. Cela a fait reculer la création de richesses suisse (PIB) de 0,5 point de pourcentage en 2015.

Et pour la suite? Comme d’autres instituts, le KOF a aussi relevé ses prévisions de croissance pour 2016, même s’il prévoit un développement hésitant des exportations suisses sur la deuxième moitié de l’année. La politique monétaire expansionniste suisse, avec un taux d’intérêt négatif, va se poursuivre au-delà d’une hausse des taux de référence américains attendue en fin d’année. La Suisse doit surtout maintenir des taux inférieurs à ceux de la Banque centrale européenne, pour éviter que le franc ne s’apprécie davantage.

Créé: 07.10.2016, 07h21

Articles en relation

La Suisse tourne pratiquement à plein régime

Prévisions conjoncturelles L'économie suisse est en train d'atteindre son potentiel de croissance maximum estime le KOF. Plus...

Comment la Suisse a évité la récession du «franc fort»

Croissance en Suisse L’OFS passe en revue les éléments ayant permis au pays de croître de 0,8% en 2015, en dépit du choc sur sa compétitivité. Plus...

Prévisions encore plus optimistes pour la Suisse

PIB Comme Credit Suisse, le SECO pourrait aussi revoir mardi à la hausse ses prévisions de croissance pour l’activité du pays. Plus...

La conjoncture suisse reprend le cours des derniers mois

Baromètre conjoncturel Le baromètre du KOF a retrouvé sa moyenne à long terme. Le taux de vacances des logements suisses est au plus haut, ajoute Credit Suisse. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.