Le géant Natixis IM tape à la porte de Genève

FinanceLe patron du groupe aux 1000 milliards d’actifs était mercredi à Genève pour parler à ses clients. Et lorgner tout éventuel rachat de société.

Pour Jean Raby, patron du mastodonte des marchés financiers européens, la Suisse est l’un des quatre pays clés pour son groupe.

Pour Jean Raby, patron du mastodonte des marchés financiers européens, la Suisse est l’un des quatre pays clés pour son groupe. Image: Lucien Fortunati

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Que venait faire sur les bords du Léman le big boss de Natixis Investment Managers, mastodonte des marchés financiers européens? Simplement rencontrer ses clients – banques, caisses de pensions ou «family offices» faisant travailler l’argent d’un magnat? Ou discuter du rachat d’une société financière dans un secteur de la gestion d’actifs helvétique en recomposition? «De telles discussions font aussi partie du programme», sourit Jean Raby, directeur général d’un groupe qui se voit confier le placement de quelque 1000 milliards de dollars. Soit l’équivalent de tout le capital-retraite du «deuxième pilier» sur lequel veillent les caisses de pension en Suisse.

Le doigt sur la gâchette

«On surveille toujours de possibles rachats – afin de couvrir une zone géographique qui nous échappe ou de proposer une stratégie d’investissement sur laquelle nous n’avons pas la taille critique», suggère celui que seize années au sein de la Banque Goldman Sachs à Paris puis à Moscou ont rompu à l’art des fusions et acquisitions.

Le financier d’origine québécoise mentionne qu’il ne s’intéresse qu’à des équipes plaçant l’argent de façon «active» – c’est-à-dire ne se contentant pas de suivre la houle des marchés à l’aide de placements «indiciels» – qui ont su faire de leur activité une marque reconnue grâce aux performances réalisées au fil des années. Et que la Suisse représente un des quatre pays clés pour son groupe – avec la France bien sûr, mais aussi le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie.

Croissance de 40% à Genève

Retour sur cette visite à Genève où nombre de clients – les banques privées – sont désormais des concurrents développant leurs produits de placements à destination d’institutions comme les caisses de pensions. Jean Raby fait l’article, tout en traversant le pont du Mont-Blanc au pas de charge.

Il s’arrête, peste: son smartphone s’est figé. «Plus que de tout faire elles-mêmes, ces banques veulent en priorité diminuer le nombre de partenaires leur fournissant les produits destinés à leurs clients; avec Natixis IM, elles disposent d’un unique point de contact pour 22 boutiques [d’investissement]», vante celui qui avait rompu durant quatre ans avec les marchés pour diriger les finances d’Alcatel-Lucent puis de SFR.

On surveille toujours de possibles rachats

Jean Raby, Directeur général de Natixis Investment Managers

À la barre de Natixis IM depuis 2017, il se hérisse à l’idée d’être comparé à un dinosaure comme Amundi – autre français – ou BlackRock. «Nous sommes très différents, notre approche est centrée sur la gestion active – nous ne faisons pas de produits indiciels – ce qui répond à notre avis aux besoins de la place», note ce Canadien «monté» à New York il y a trente ans pour rejoindre la prestigieuse étude d’avocats Sullivan Cromwell. Cette dernière l’a envoyé peu après à Paris. Il y est resté.

Marchant à ses côtés, Babak Abrar, qui a ouvert, seul, le bureau de représentation de Genève en 2008 – six mois plus tard, la finance mondiale s’écroulait – gère aujourd’hui une équipe d’une vingtaine de personnes, dont plus de la moitié sont basées en Suisse. Ce dernier se contente de dire que l’argent qui leur est confié représente «plusieurs milliards d’euros». Et que ces actifs «augmentent à un rythme annuel de 40%» depuis 2015. «Oui, nous allons continuer de croître et les effectifs suivront», assure Babak Abrar. À titre de comparaison, l’entité dédiée aux fonds de placements et aux services d’investissement du groupe Pictet – la plus importante des banques historiques genevoises – gère de son côté 171 milliards de francs confiés par ses clients.


Prudence mesurée sur le Brexit

Un exemple récent d’acquisition? L’an dernier Natixis IM a racheté à Londres MV Credit une équipe de spécialistes des emprunts d’entreprises non cotées. Ces derniers ont rejoint les trois autres sociétés de gestion britanniques déjà affiliées au groupe. Culotté, alors que le suspense sur la façon dont le Royaume-Uni allait s’arracher à l’Union européenne poussait, au contraire, nombre de banques continentales à réduire la voilure sur la City.

Basé avant tout à Paris, le pôle de gestion d’actifs du conglomérat formé il y a dix ans par les Banques Populaires et les Caisses d’épargne s’avère en réalité moins concerné. «Et puis… tout dépendra quand – surtout si – un tel Brexit se produit», souffle, l’œil brillant, celui qui a longtemps dirigé à Paris l’influente Banque Goldman Sachs. Histoire de rappeler qu’à ses yeux, les chances que cette sortie britannique de l’UE ne se fasse finalement pas sont loin d’être nulles.

P-A.SA

Créé: 23.04.2019, 20h32

Faible risque de récession

C’était le grand thème du début de l’année. Peu à peu, les craintes qu’une partie du monde industrialisé ne bascule en récession dès cette année – mettant un terme à la période d’expansion sans précédent ayant suivi la grande crise de 2009 – commencent à se dégonfler. «Évidemment, il est raisonnable de penser que l’on aborde la dernière partie de ce cycle d’expansion, mais la menace de récession en 2019 demeure faible», estime Jean Raby, le responsable de Natixis IM. Les rapports rendus par ses équipes lui suggèrent que les rendements offerts par les marchés financiers «resteront positifs sur l’année, sans atteindre cependant les niveaux affichés au cours des premiers mois de 2019».

À l’heure actuelle, une bonne partie des investisseurs restent persuadés que les États-Unis défendront pied à pied leur croissance économique en abaissant le niveau des taux d’intérêt s’il le faut. Et que l’Europe continuera de ne pas relever les siens du niveau zéro. Ce qui les incite encore à rester acheteurs sur les marchés.

P-A.SA.

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