Le long de l'autoroute A1, les loyers baissent dans les zones périphériques

ImmobilierDans une étude, les experts de Credit Suisse détaillent les déséquilibres existant entre les régions traversées par l’autoroute A1.

Image: PHILIPPE MAEDER

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De la frontière française de Bardonnex, près de Genève, jusqu’à celle d’Autriche, à Sankt Margrethen, l’A1 traverse la Suisse d’est en ouest sur 410 kilomètres. Cette longue autoroute a inspiré les experts de Credit Suisse au moment de concevoir la version 2019 de leur étude immobilière annuelle. Ces derniers ont effet suivi son tracé pour déterminer l’évolution sur cinq ans du déséquilibre entre l’offre et la demande en logements locatifs existant en Suisse.

Certes, certains estimeront que vivre près d’une autoroute n’est jamais très prisé en raison du bruit et de la pollution, un facteur que les analystes de la banque ont pris en compte en élargissant leur champ d’action de dix kilomètres à la ronde.

Excursion le long de la A1

Cette excursion à travers la Suisse a prouvé ce que les spécialistes suspectaient depuis un certain temps: «Les différences entre la périphérie et les centres urbains se sont accrues ces dernières années», confirme Sara Carnazzi Weber, responsable de l’analyse régionale et sectorielle chez Credit Suisse.

En Suisse romande, alors que la difficulté de trouver un logement perdure tout au long de La Côte, la détente est particulièrement flagrante au niveau des sorties entre Payerne et Berne de l’autoroute A1, avec un taux de logements libres proche des 2%. Ce n’est qu’au niveau de la capitale que la pression remonte pour les locataires souhaitant déménager, au vu du taux de vacances de 0,44%.

Puis la donne s’inverse à nouveau. La vallée de la mort survient à la sortie de Berne pour les propriétaires cherchant à louer leurs biens. Entre Kirchberg (BE) et Lentzbourg (AG), les taux de vacances jonglent entre 3 à 5%. «Dans certaines communes, cette proportion dépasse même les 10%», peut-on lire dans l’étude de la grande banque suisse.

Enfin, après une pression maximum à Zurich avec des taux de vacances proches de 0,1-0,2%, puis Winterthour (environ 0,7-0,8%), le climat se détend une nouvelle fois tout à l’ouest, au bout de l’autoroute A1. À Sankt Margrethen, à quelques kilomètres de l’Autriche, la vie des locataires redevient plus facile, avec un taux de logements libres de 4%.

Déséquilibres en hausse

En cinq ans, tout le long de l’autoroute, les déséquilibres sont donc de plus en plus manifestes, et cela malgré une politique de plus en plus agressive des promoteurs. «Dans certaines régions, les incitatifs adoptés (ndlr: quelques mois de loyer gratuits, mise en place d’un système de loyers échelonnés ou encore diverses sortes de bons et cadeaux) ne suffisent plus à réduire la suroffre existante», estime Sara Carnazzi Weber.

Et à en croire les experts de Credit Suisse, ce fossé entre ville et campagne devrait encore se creuser dans les mois à venir. «Les taux de vacances devraient continuer à augmenter en 2019, mais à un rythme moins soutenu», expliquent-ils. Cette pression à la baisse sur les loyers devrait rester particulièrement forte hors des centres urbains. En moyenne, les prix devraient ainsi se tasser de 1 à 2% en faveur des locataires.

(24 heures)

Créé: 05.03.2019, 18h58

Une pléthore de bureaux

Malgré une légère amélioration dans les centres urbains, l’offre en surfaces de bureaux libres reste pléthorique en Suisse. Depuis des années, ce marché souffre d’une suroffre généralisée. À l’échelle nationale, les experts de Credit Suisse en établissent le taux à 4,9%. Durant le 2e trimestre de l’année dernière, la somme des surfaces à disposition a encore augmenté, pour atteindre les 2,65 millions de mètres carrés. La situation est désormais telle que les analystes de la grande banque suisse mentionnent l’existence d’un marché de l’ombre.

«Un volume croissant de surfaces à louer n’apparaît plus sur les grandes plateformes immobilières en raison des taux de vacance élevés. Pour éviter de paraître invendables, ces surfaces ne sont plus proposées en continu, mais seulement ponctuellement, et généralement de manière fractionnée par rapport à la superficie totale disponible», peut-on lire dans l’étude. Dans les mois à venir, étant donné la tendance croissante au desk sharing (partage de bureaux) et au télétravail, aucune embellie notable n’est attendue. O.W.

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