Le succès de «Pokémon Go» fait la joie des spéculateurs

Jeux vidéo L’application qui cartonne a permis à la valeur boursière du groupe Nintendo de doubler en un temps record. Les experts ne s’en étonnent pas.

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Telle une traînée de poudre, une nouvelle vague de «Pokémania» se répand aux quatre coins du monde. Vingt ans après, la poule aux œufs d’or de Nintendo continue donc de pondre… mais sur smartphone cette fois.

En quelques jours, l’application Pokémon Go a été téléchargée des millions de fois aux Etats-Unis et en Europe et a permis à la firme japonaise de retrouver de l’attrait aux yeux des investisseurs. Mais alors que le titre ne cesse de s’enflammer à la Bourse japonaise – il a doublé de valeur en six sessions – un tel emballement se justifie-t-il?

Retombées inconnues

Sans remettre en cause le succès populaire indéniable du nouveau jeu, la volatilité extrême du titre laisse en effet songeur. Car pour le moment, elle fait fi des nombreux incertitudes et défis auxquels Nintendo fait face.

Concernant Pokémon Go, il est encore difficile d’en estimer les retombées économiques concrètes pour le géant nippon des jeux vidéo. Dans le cadre d’un modèle de jeu freemium (produit de base gratuit, mais avec des contenus additionnels payants), une étude récente a démontré qu’environ 98% des joueurs n’y dépensent pas un seul centime.

Si les premières estimations parlent de revenus annuels pouvant atteindre le milliard de dollars, il faut préciser que la poire sera coupée en plusieurs parts, étant donné que Nintendo ne possède qu’une partie du capital de Niantic Company (en compagnie de Pokémon Company et Google), le développeur du jeu. Les analystes sont d’ailleurs partagés sur les retombées financières pour l’éditeur asiatique. Les plus optimistes considèrent que Nintendo pourrait encaisser jusqu’à 40% des profits, alors que les plus pessimistes évaluent cette part à hauteur de 10%. Tout cela en partant du principe que le jeu s’installe durablement dans les hautes sphères du succès. Les expériences précédentes, de Candy Crush (du groupe King) à Angry Birds (Rovio), suggèrent pourtant que les revenus issus d’un tel modèle économique déclinent avec le temps.

Nintendo renaît à nouveau

«Il faut regarder au-delà de ce phénomène, certes discutable en ce qui concerne sa valorisation boursière à court terme, et s’intéresser à la propriété intellectuelle de Nintendo», explique Joël Le Saux, gérant du fonds Oyster Japan Opportunities chez SYZ Asset Management.

Selon lui, la multinationale japonaise était largement sous-évaluée il y a dix jours encore. Les réserves en cash de Nintendo représentaient alors la moitié de sa capitalisation boursière. Or, Nintendo fait partie de ces groupes qui possèdent dans leur pipeline des franchises au potentiel énorme telles que Super Mario Bros ou Zelda. «Il va falloir patienter pour voir si les chiffres et les retombées économiques suivent», précise le gérant genevois.

Quoi qu’il en soit, Nintendo semble reprendre du poil de la bête. Après avoir boudé pendant des années le développement de jeux sur smartphone, la société met les bouchées doubles pour rattraper son retard dû à un manque de vision de son ancienne direction.

«L’histoire de ce groupe est parsemée de grands retours, rappelait dans une note Amir Anvarzadeh, directeur des ventes d’actions japonaises à BGC Partners Inc. Si ce jeu n’est peut-être pas suffisamment important pour déplacer à court terme leurs revenus vers le mobile, il pourrait positionner Nintendo en bonne place dans un marché qui manque de nouveaux succès depuis plus d’une année.»

Le succès relatif de Miitomo il y a quelques semaines, et celui de Pokémon Go, laisse penser que Nintendo est sur la bonne voie. En 2017, quatre jeux devraient sortir et avoir une répercussion significative sur les recettes du groupe.

(24 heures)

Créé: 20.07.2016, 12h09

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