Les entreprises s’organisent pour résister au coronavirus

AdaptationsLa prévention des risques liés à la pandémie de coronavirus, requiert des changements dans la vie quotidienne des entreprises suisses.

Chez Nestlé, à Vevey, des mesures visent à limiter le nombre d’employés présents, simultanément, dans les bureaux.

Chez Nestlé, à Vevey, des mesures visent à limiter le nombre d’employés présents, simultanément, dans les bureaux. Image: Keystone

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La pandémie de coronavirus touche de plein fouet la vie dans les entreprises suisses. Les dangers imposent des adaptations diverses dans l’organisation de nombreuses tâches quotidiennes.

Des grandes boîtes prônent le télétravail

Travaillant la plupart du temps en «open space», les collaborateurs de la Fédération des coopératives Migros peuvent désormais plus facilement rester chez eux pour travailler. Déjà bien implanté dans l’entreprise, le télétravail est stimulé par le Covid-19. Le géant orange n’impose toutefois aucune restriction et n’interdit pas à son personnel de se rendre au bureau. Le travail à distance n’est d’ailleurs pas garanti pour l’ensemble du personnel: tout dépend des effectifs, de la taille des bureaux et des besoins de la firme.

Les employés des magasins et des entrepôts de Migros sont pour l’heure juste invités à respecter les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP). L’entreprise produit en plus son propre gel hydroalcoolique, à l’intention de ses 10'5000 collaborateurs.

La multinationale Philip Morris emploie près de 3300 personnes en Suisse. «Comme dans de nombreuses autres sociétés, nous favorisons de plus en plus le télétravail», indique le porte-parole du cigarettier, Julian Pidoux. Il est vrai que les possibilités ne manquent pas dans plusieurs fonctions dites centrales du siège suisse: les finances, les ressources humaines et l’informatique. Reste l’usine de Neuchâtel où travaillent 1500 employés. «Leur température est contrôlée avant qu’ils accèdent à leur poste de travail, depuis plusieurs jours », précise Julian Pidoux.

Chez Nestlé, à Vevey, des collaborateurs ne peuvent carrément plus venir au bureau jusqu’à nouvel ordre. L’entreprise encourage fortement le personnel des fonctions administratives à travailler depuis la maison, en utilisant les technologies et moyens de communications virtuels. Des mesures visent en outre à limiter le nombre d’employés présents, simultanément, dans les bureaux. Des places fixes ont également été assignées. Plus aucune réunion ne se tient à Vevey.

«Les habitudes de télétravail sont évidemment déjà présentes dans nos équipes depuis plusieurs années. Elles ne se sont pas développées ces derniers temps, du seul fait du coronavirus», indique Christophe Pilet, responsable financier et ressources humaines de l’association Paléo Arts & Spectacles. «La 45e édition du Paléo Festival Nyon est par ailleurs toujours prévue du 20 au 26 juillet.»

Rappelons dès lors la dimension des enjeux culturels, sociaux et économiques. Paléo Arts & Spectacles emploie un peu plus d’une soixantaine de personnes. Avec le concours de près de 5000 bénévoles, l’association assure l’organisation d’un festival, notamment musical, attirant chaque année jusqu’à 270'000 mélomanes. Le télétravail ne peut donc être que d’un faible secours sur le terrain de l’Asse.

Le «home office» se développe depuis trois ans à l’Administration fiscale genevoise, dans le cadre d’un plan intitulé «Harmonie». Près de 300 employés y prennent part actuellement. Globalement, les mesures de prévention, liées au coronavirus, concernent évidemment beaucoup de monde chez le fisc genevois. Ses 600 collaborateurs (560 équivalents plein-temps) reçoivent environ 500 visiteurs chaque jour ouvrable.

Pharmacie Principale, entreprise genevoise employant une centaine de personnes sur huit points de vente, n’a pas attendu les premières alertes au coronavirus pour développer le télétravail. «Maintenant nos employés peuvent aussi faire valoir le temps qu’ils consacrent à du travail administratif dans leurs trajets en transports publics», indique Jean-Philippe de Toledo, pharmacien et président de Pharmacie Principale.

Des firmes sont privées de télétravail

Les plus petites PME s’avèrent également exposées aux risques de la pandémie en cours. Cut’N’Brush, basée à Pully, est une entreprise familiale de coiffure à domicile occupant cinq personnes. Son directeur, Vincent Callara, se contente d’appliquer les conseils de l’OFSP et ne peut espérer aucune facilité liée au télétravail, du fait de la nature même de son activité. Il observe quoi qu’il en soit une augmentation de sa clientèle, plus rassurée à la maison qu’en salon.

L’hôtellerie, un des piliers de l’économie helvétique, ne peut pas changer sa vocation: l’accueil. Cette discipline impose des rencontres, entre des masses de collaborateurs et de clients. Les principaux lobbies de la branche du tourisme ont justement appelé à l’aide le Conseil fédéral, jeudi matin. Illustre représentant de la branche, le Beau-Rivage Palace de Lausanne emploie 400 à 500 personnes, réparties dans trois établissements de la Cité olympique (Beau-Rivage Palace, Château d’Ouchy et Hôtel Angleterre). En tout, ils reçoivent, en moyenne et en temps normal, environ 1000 visiteurs chaque jour, sans compter les hôtes d’éventuels banquets.

Dans le contexte actuel de «situation extrême», selon HotellerieSuisse, la dimension du défi paraît immense. D’autant plus que l’hôtellerie n’offre guère de perspectives en termes de télétravail. «Nous avons plus que jamais besoin de l’engagement de nos collaborateurs et de la fidélité de notre clientèle locale. Mais notre chiffre d’affaires est déjà très impacté», déplore la direction.

Des sociétés investissent d’abord dans l’hygiène

Chez Adecco, un des leaders mondiaux du placement de personnel, les nettoyeurs ont reçu l’ordre d’intensifier le nettoyage des surfaces dites sensibles: poignées de porte, interrupteurs, stores, robinets, etc. Tous les collaborateurs de la société sont en plus priés d’effectuer les mêmes tâches, en début et en fin de journée.

La banque vaudoise Swissquote a elle-même démontré de réelles capacités d’anticipation dans la prévention des risques liés au coronavirus. L’hygiène des mains est en effet inscrite dans la culture de l’entreprise depuis près d’une dizaine d’années. Des distributeurs de gel hydroalcoolique sont disséminés dans ses locaux et les 500 collaborateurs, basés à Gland, les utilisent pour recharger les flacons personnels que la direction distribue.

Créé: 12.03.2020, 20h55

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