Perte d'emplois bancaires en Suisse jugée «importante»

Banques suissesL'ASB estime que les réductions de postes en début d'année, principalement par les grandes banques, doivent être considérées comme un «signal d'alarme».

«Ce sont principalement les grandes banques suisses (UBS et Credit Suisse) qui ont procédé à une réduction de leurs effectifs en Suisse», a encore précisé Martin Hess, responsable  de la politique économique de l'ASB.

«Ce sont principalement les grandes banques suisses (UBS et Credit Suisse) qui ont procédé à une réduction de leurs effectifs en Suisse», a encore précisé Martin Hess, responsable de la politique économique de l'ASB. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'Association suisse des banquiers(ASB), appelée aussi Swissbanking, ne s'est pas trop inquiétée ce jeudi matin des derniers développements enregistrés par les banques suisses en 2015 et sur les six premiers mois de 2016. Sauf en ce qui concerne les pertes d'emplois en Suisse.

«La perte de 4,1% des emplois bancaires en Suisse sur les six premiers mois 2016 est un signal d'alarme et représente une diminution importante», a commenté devant les médias Martin Hess, responsable de la politique économique de l'ASB, en présentant le Baromètre bancaire 2016.

3454 emplois nets perdus en six mois

Parmi les 162 banques qui ont participé au sondage de l'ASB, (sur un total de 266 établissements ayant la licence bancaire suisse), les postes équivalents plein temps sont passés de 87 083 unités fin 2015, à 83 629 fin juin 2016, soit une destruction nette d'emplois de 3454 unités.

Au total, 103 041 personnes travaillent à plein temps dans les banques en Suisse à fin 2015. Le sondage peut être alors jugé comme représentatif de la réalité en couvrant 85% de l'emploi bancaire suisse.

Perte en fait plus importante, mais situation stable au 2e semestre

«Ce sont principalement les grandes banques suisses (UBS et Credit Suisse) qui ont procédé à une réduction de leurs effectifs en Suisse», a encore précisé Martin Hess, en ajoutant que ce recul basé sur un sondage de moins de la moitié des établissements suisses ne reflète pas toute la réalité et «devrait être plus important en considérant l'ensemble des banques établies en Suisse».

L'ASB «ne s'attend pas à une poursuite des pertes d'emplois à ce rythme sur la deuxième moitié de l'année, les banques qui souhaitaient réduire la voilure sur 2016 l'ont fait les six premiers mois de l'année», a estimé le spécialiste de l'ASB. Les tendances de l'emploi sont stables dans tous les domaines bancaires suisses pour le 2e semestre de l'année, selon l'association.

«Private banking» en perte de vitesse

L'association ne s'est par contre pas alarmée de trois autres développements dont on peut penser qu'ils remettent en question la gestion de fortune privée traditionnelle suisse.

Le premier a trait à la masse sous gestion déposée en Suisse. Elle est stable (la Suisse gère toujours le quart de la fortune mondiale) d'une année à l'autre, mais connaît un potentiel de croissance inférieur (+2,6% selon Boston Consulting) à celui prévu pour l'Asie, dans les places concurrentes de Singapour et de Hong Kong (+10%).

«Comme le nombre de supers riches croît principalement en Asie, il est normal que les places situées dans cette région croissent plus rapidement que la Suisse», a commenté à ce propos Martin Hess.

Effet monétaire sur le recul de la part des fonds venant de l'étranger

Le deuxième développement se rapporte à l'origine des fonds déposés en Suisse. Ils proviennent toujours moins de l'étranger semble-t-il à première lecture. Leur part a perdu près de 10 points de base en dix ans et est passée de 58,1% venant de l'étranger en 2006 à 49,1% fin 2015.

«Les fonds sont stables entre 2014 et 2015, et ce pourcentage en baisse de l'étranger peut s'expliquer par une part en hausse venant des Suisses», selon Martin Hess.

Dans son étude, l'ASB explique que cet effondrement s'explique «principalement par un effet monétaire, les particuliers étrangers détiennent une part d'actifs libellés en euros et en dollars nettement plus importante que les Suisses», mais leur valeur a baissé du fait de la perte de valeur de ces monnaies par rapport au franc suisse, la devise avec laquelle sont calculés les actifs sous gestion en Suisse.

Produits d'intérêts comme activité principale des banques suisses Et troisièmement, toujours en ce qui concerne la gestion de fortune privée, la spécialité bancaire suisse, les banques suisses ont «pour la première gagné (hors coûts effectifs) plus d'argent avec les opérations d'intérêts (principalement les hypothèques), ce qui représente maintenant 38,4% de leurs profits bruts, qu'avec les opérations de commissions et de prestations de services», soit les activités liées à la gestion de fortune.

«Il ne faut pas trop attacher d'importance à ce dernier point, a encore dit Martin Hess, ce qui compte en fin de compte c'est de savoir si ces activités dégagent un profit». L'ASB a indiqué ne pas posséder le détail des charges liées à ces différents produits bruts.

Créé: 01.09.2016, 12h26

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.