Quand le campus biotech mène à Hollywood

InnovationNée sur pôle d’innovation, Imverse intéresse les géants de la réalité virtuelle. Sa consœur Quartz Bio a déjà été rachetée.

Siège du campus biotech à Genève.

Siège du campus biotech à Genève. Image: DR

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Ayant pris racine dans les labos de l’EPFL, Imverse et Quartz Bio, deux PME passées par le Campus Biotech genevois ont joué, en janvier, leur destin américain. «L’essentiel de notre marché va se situer aux États-Unis; objectif, un bureau à Los Angeles avant la fin de l’année», explique Robin Mange, cofondateur de Imverse à peine revenu de Sundance, le festival américain de cinéma indépendant. Rien à voir avec la biologie. L’ingénieur de l’EFPL de 36 ans a pourtant bien commencé sa carrière dans le laboratoire en neurosciences cognitives du Pr Olaf Blanke. Il est à l’origine d’une méthode révolutionnaire pour modéliser un environnement en 3D dans lequel il est possible de s’immerger avec un visiocasque.

Mission alors assignée par le labo à ce spécialiste du «rendu volumétrique en temps réel»? Créer en moins de trois jours, une courte expérience 3D dans lesquels il est possible d’immerger des patients souffrant de douleurs chroniques ou de problèmes de mémoire. Impossible de tenir le rythme avec les logiciels classiques de l’industrie du jeu vidéo. D’où l’idée de repenser le «moteur graphique» qui permet de faire bouger des objets ou des personnages à l’écran. «Tout le monde modélise sur la base de polygones, nous nous sommes plutôt intéressés aux «voxels», des pixels volumétriques mis au point dans les années 60 mais que personne n’avait réussi à optimiser pour la réalité virtuelle en temps réel», tente d’expliquer celui qui entre des lignes de code depuis ses onze ans.

«Cette approche du rendu permet de construire des outils bien plus rapides et de nouveaux logiciels qui réduisent le coût de création d’une scène», ajoute le cofondateur de Imverse, Javier Bello, un Espagnol de 31 ans, rencontré dans le labo du Campus Biotech.

Le Photoshop de la 3D

Baptisé Livemaker, leur logiciel d’animation - ils rêvent d’en faire le Photoshop de la 3D - leur a d’abord permis de proposer, il y a un an, un outil de création simplifiée d’univers 3D à partir de simples photos 360°, à destination des agences immobilières ou des architectes d’intérieur. Les deux associés planchent depuis sur la représentation - en temps réel - du propre corps d’un utilisateur dans la scène qu’il voit dans son visiocasque 3D. Le corps pixélisé entre alors en scène - sans recourir à une combinaison ou des capteurs - de même que les personnes entourant le visiocasque, jusque-là aveugle.

Sur les traces de Dreamscape

La confirmation qu’ils tiennent quelque chose de solide arrive en mai 2017 à Crans Montana, au World VR Forum. «Les studios californiens présents ont vite compris l’intérêt», se souvient le responsable marketing, Benoît Perrin, 27 ans. Intérêt confirmé à Los Angeles début août, lors du Siggraph - la grand-messe du graphisme sur ordinateur. Une bonne fée du DART 17 - «incubateur» suisse situé sur le Pier 17 de San Francisco - leur permet alors de rencontrer des poids lourds de la Silicon Valley comme HTC, le géant chinois des visiocasques. La sauce prend. Les deux associés lâchent le Campus Biotech et s’installent à plein temps dans l’incubateur de la Fongit à Plan-les-Ouates.

Le 18 janvier, ils ont fait leur voyage avec leurs deux employés - et leurs caméras - au festival du film de Sundance pour présenter une expérience de flottaison dans l’espace, imaginée par l’artiste américano-suisse Mark Boulos. Grands noms de Hollywood et financiers prennent note. C’est dans cette même station de l’Utah que Dreamscape - fer de lance de la réalité virtuelle genevoise - avait été repéré par Hollywood il y a deux ans. Pour les fondateurs d’Imverse, tout s’emballe depuis leur retour des Rocheuses. Toujours en test, le programme Livemaker doit être commercialisé à l’automne. Et Imverse espère avoir bouclé au printemps un possible financement de 1,5 million. Un ingénieur et des commerciaux vont être recrutés et les effectifs doublés cette année. Tout ceci avant un petit tour au Festival de Cannes, destination improbable pour une PME du Campus Biotech. (24 heures)

Créé: 18.02.2018, 15h57

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