Redoutant un déclin de la croissance, les grands patrons ont le blues

SondageUn sondage effectué par les experts de PwC auprès des chefs d’entreprise du monde entier dénote un pessimisme croissant.

Les CEO les plus pessimistes sont ceux d'Amérique du Nord. Ici Jeff Bezos, CEO d'Amazon.

Les CEO les plus pessimistes sont ceux d'Amérique du Nord. Ici Jeff Bezos, CEO d'Amazon. Image: Reuters

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L’année 2020 s’annonce mal au dire des chefs d’entreprise qui convergent tous vers Davos. Le sondage effectué par PwC auprès de plus de 1500 d’entre eux (91 en Suisse*) est le plus pessimiste depuis 2012. Sur le plan des affaires, bien sûr. Les CEO, comme on les appelle dans le monde du business, semblent déstabilisés par l’incertitude globale qui s’est installée, aussi bien en politique que dans la sphère technologique. Et les plus pessimistes de tous, ce sont ceux d’Amérique du Nord; ils sont plus des deux tiers à envisager un déclin de la croissance pour les douze prochains mois.

Selon PwC, 53% des CEO du monde (54% pour la Suisse) pensent que la croissance économique va continuer de s’affaiblir. Ce n’est pas anodin. «Durant ces vingt dernières années, leur opinion s’est révélée un très bon indicateur de la conjoncture économique future», avertit Bob Moritz, le président de PwC. Mais, note positive, si les perspectives globales ne sont guère encourageantes, les chefs d’entreprise suisses, eux, demeurent confiants. Ils seraient 82% à penser que leurs propres affaires seront positives; et plus de la moitié d’entre eux pensent être en mesure d’engager du personnel supplémentaire.

En fait, si les CEO suisses sont plus confiants que leurs homologues étrangers, ils partagent leurs préoccupations, telles que la surréglementation, les conflits commerciaux et les cyberrisques.

Avenir des géants du Net

L’analyse montre que les dirigeants d’entreprise n’ont pas confiance dans la manière dont les gouvernements tentent d’harmoniser les législations sur la défense de la sphère privée ou de lutte contre les attaques informatiques. Ils craignent même clairement que le monde internet ne soit de plus en plus fragmenté à l’avenir et «éclate» en différents univers.

Si l’avenir d’internet les préoccupe, les CEO considèrent que l’ère de l’autorégulation s’achève. Dans les questions posées, PwC a cherché à savoir s’ils envisageaient, dans les deux ans, une offensive rapide des États en matière de régulation d’internet. La réponse est «oui» et de manière claire. Ils sont ainsi 71% à être convaincus que les entreprises seront forcées par les gouvernements à mieux réguler le contenu sur internet et les médiaux sociaux

Pour voir l'infographie en grand, cliquez ici.

Ils sont même 68% à penser que certaines sociétés dominantes seront démantelées, comme le furent dans les années 20 les géants du pétrole américains. Et, plus intéressant encore, ils sont une petite majorité (51%) à penser que les entreprises devront rétribuer les citoyens pour les données numériques qu’elles collectent.

Dans les préoccupations plus classiques, la peur de manquer de main-d’œuvre qualifiée s’accroît. Et les chefs d’entreprise avouent être en retard dans la mise en route de programmes de formation pour faire face à la numérisation et aux nouvelles opportunités offertes par l’intelligence artificielle.

Tensions avec la Chine

Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine continuent d’avoir un très fort impact sur le moral des hommes d’affaires. Les CEO chinois envisagent de délocaliser leur production pour échapper aux sanctions américaines. Ils ne sont plus que 11% à penser que les États-Unis sont le marché le plus important pour eux, contre 59% en 2018!

Les Chinois se distinguent sur un autre plan. Alors que dans le monde, seul un quart des CEO juge que le changement climatique offre des opportunités nouvelles pour les entreprises, en Chine, ils sont près de la moitié à être de cet avis. Les experts de PwC rappellent, par exemple, que tout en étant le principal émetteur de gaz à effet de serre, l’Empire du Milieu est aussi le premier producteur mondial d’installations renouvelables.

Si le changement climatique ne figure pas dans le top 5 des préoccupations des CEO, 51% des chefs d’entreprise suisses y accordent toutefois une importance très grande. Globalement, cette préoccupation a augmenté de 50%, sauf aux États-Unis, le pays le plus sceptique avec ceux du Moyen-Orient.

Créé: 20.01.2020, 18h07

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