Rien ne semble en mesure de freiner les Bourses

FinanceBien que les facteurs géopolitiques inquiètent, et à l'heure où débute le WEF, la soif pour les actions reste vive.

À New York, les traders jubilent: 2020 s’annonce fructueuse.AP/MARK LENNIHAN

À New York, les traders jubilent: 2020 s’annonce fructueuse.AP/MARK LENNIHAN Image: Mark Lennihan / AP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Même pas peur! À l’heure où débute le Forum économique de Davos, rien ne semble pouvoir stopper l’envolée des Bourses. Doutes liés à l’élection présidentielle de l’automne prochain aux États-Unis? Élimination du général iranien Qassem Soleimani par un drone, puis envoi de missiles balistiques en rétorsion sur les bases américaines en Irak? Menaces sur l’économie en raison du réchauffement climatique? Tout cela semble balayé d’un revers de main, tant la soif pour les actions paraît insatiable.

Résultat, après un exercice 2019 exceptionnel, avec des hausses dépassant souvent 25%, les marchés boursiers gagnent à nouveau du terrain depuis début janvier. «Un grand nombre d’investisseurs trop prudents ont raté la hausse l’année dernière», constate Anton Sussland, conseiller financier indépendant à Genève. Ces derniers ne veulent pas manquer la prochaine vague.

Dès lors, le mot d’ordre pour 2020 est d’acheter sans trop réfléchir lorsque les titres se replient. «Comme lors de l’épisode iranien début janvier, explique-t-il. Les actions ont brièvement reculé, avant de rapidement reprendre le chemin de la hausse.» Bref, drone et missiles balistiques ont très vite été oubliés.

La pandémie menace

À cet égard, l’épidémie meurtrière de coronavirus en Chine, qui menace de se transformer en pandémie et qui est venue secouer les marchés mardi, va servir de test ces prochaines semaines.

En parallèle, l’économie semble retrouver des couleurs. «Le contexte économique est globalement favorable, confirme Marie Owens Thomsen, cheffe économiste d’Indosuez Wealth Management. La majeure partie des grands pays se trouvent proches de leur croissance potentielle.»

Pour 2020, cela veut dire que les États-Unis et l’Europe croîtront à un rythme de respectivement 2% et 1%, alors que la croissance chinoise avoisinera les 6%. «C’est tout à fait respectable après le boom de 2018 et la guerre commerciale sino-américaine qui a suivi», ajoute-t-elle.

Récession industrielle

Pour Samy Chaar, chef économiste de Lombard Odier, le plancher a été atteint en termes de ralentissement de la conjoncture. «On a connu une récession du commerce mondial et de la production manufacturière en 2019», rappelle-t-il.

Mais tout cela serait derrière. La bonne tenue de la consommation tant aux États-Unis qu’en Europe a permis d’éviter la récession. «Les nuages vont se dissiper en 2020 grâce au récent accord commercial entre la Chine et Washington, relève-t-il. Il ne devrait plus y avoir de nouvelles hausses de tarifs douaniers entre les deux pays, et une petite réduction de ces derniers est même prévue.»

À l’avenir, la croissance pourrait aussi se nourrir de l’appétit retrouvé des entreprises pour l’investissement. Ces dernières avaient tiré le frein à main à mesure que la confrontation commerciale entre Washington et Pékin montait en puissance.

Valait-il mieux construire une nouvelle usine au Vietnam ou aux États-Unis, plutôt qu’en Chine ou au Mexique? Dans le doute, les industriels ont souvent repoussé ces décisions à plus tard. «On verra ce printemps si l’on assiste à un rebond des investissements lourds dans l’industrie», souligne Jérôme Schupp, analyste financier chez Prime Partners.

Les taux restent bas

Ce n’est pas tout. Les marchés financiers devraient continuer de profiter des politiques monétaires accommodantes des banquiers centraux. «Comme l’inflation reste basse, les banques centrales européennes et américaines vont continuer de protéger le cycle économique», estime la cheffe économiste. Par conséquent, que ce soit aux États-Unis ou en Europe, des hausses de taux susceptibles de détourner l’épargne des marchés des actions ne sont pas à l’ordre du jour.

«Les indices boursiers devraient progresser de 4 à 6% cette année, ce qui est en ligne avec la croissance nominale mondiale (ndlr: croissance réelle additionnée de l’inflation)», jauge-t-elle. Même son de cloche du côté de Samy Chaar. «Les Bourses devraient grimper de 3 à 5% en moyenne cette année.»

Ces politiques expansives servent aussi d’assurance à l’heure où, de l’Iran à la Syrie en passant par la Corée du Nord, les tensions restent vives. «Les taux bas constituent un vaccin contre la plupart des risques géopolitiques», assure Marie Owens Thomsen. En clair, les marchés des actions en gardent sous le pied.

Créé: 21.01.2020, 18h09

Quelques titres à privilégier cette année

Pour certains, ça ne fait pas un pli. Il faut acheter, acheter, et encore acheter. «Les indices termineront l’année sur une hausse de 8 à 10%», assure Anton Sussland, conseiller financier indépendant à Genève.

Ces titres préférés? Il s’agit essentiellement de valeurs cycliques susceptibles de profiter d’une embellie économique: ABB, Adecco, Clariant, Aéroport de Zurich, Arcelormittal, Glencore, Saint-Gobain, Renault, Valeo, Royal Dutch Shell, Unilever, Anheuser-Busch Inbev, Swatch, Dell, IBM, Cisco, Carnival Corp ou encore Restaurant Brands International.

«Des actions aux valorisations attractives, offrant souvent de jolis dividendes, et qui ont peu progressé depuis 12 mois.»

Il est vrai que l’ensemble des valeurs cotées en Bourse n’a pas profité de la hausse survenue l’année dernière avec la même vigueur. «Par effet moutonnier, les achats des investisseurs se sont concentrés sur les valeurs phares, telles Apple, Microsoft, Alphabet ou encore Facebook.»

Un phénomène également constaté par Jérôme Schupp, analyste financier chez Prime Partners: «Près du tiers de la hausse du Dow Jones est expliquée par la progression de deux titres en 2019, à savoir Apple et Microsoft.» Édifiant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.