Une société veut proposer des vols à gogo de Genève

Transport aérienAprès Zurich et Londres, Surf Air vise Cointrin. Son concept de forfait illimité séduit mais n’est pas encore rentable.

Simon Talling-Smith, directeur de Surf Air pour l’Europe, a travaillé longtemps pour British Airways.

Simon Talling-Smith, directeur de Surf Air pour l’Europe, a travaillé longtemps pour British Airways. Image: DR

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Téléphoner sans retenue, prendre le train autant qu’on le souhaite ou remplir son assiette à volonté: le modèle des offres illimitées est bien ancré dans la téléphonie mobile, les transports publics ou la restauration. Moins répandus, les «vols à gogo» veulent se faire une place dans le ciel suisse. Une start-up californienne y est déterminée.

Après s’être développée aux États-Unis, c’est de ce côté-ci de l’Atlantique que Surf Air cherche un relais de croissance. Depuis septembre, elle tente de séduire les passagers assidus et voyageurs d’affaires pressés du Vieux-Continent. Zurich, Londres, Ibiza et Cannes sont ses premières destinations. L’offre ne s’adresse pas à M. et Mme Tout le Monde: ce n’est que moyennant 3950 francs par mois (et une taxe d’inscription de 1300 francs) que les membres de la société peuvent sauter dans un avion de la compagnie – des Pilatus PC-12 et des jets Embraer Phenom – autant de fois qu’ils le souhaitent.

Le forfait donne accès à l’ensemble du réseau. Au départ de Zurich, le concept a déjà convaincu 50 personnes, selon l’entreprise. Après deux mois d’exploitation, elle vient d’augmenter la cadence de trois à cinq liaisons par semaine vers Londres. Et en début d’année prochaine, elle reliera Munich et Luxembourg.

Duel Annecy-Genève

«La Suisse sera alors notre marché européen le plus important», commente Simon Talling-Smith, le directeur pour l’Europe, qui a travaillé vingt-deux ans pour British Airways. De nouvelles destinations sont dans le viseur, comme Paris, Dublin ou Milan. Et Genève!

L’intérêt au bout du Léman serait en effet très important. «Nous y avons une de nos plus longues listes d’attente.» L’aéroport de Cointrin est toutefois en concurrence avec celui d’Annecy, à une trentaine de minutes du centre de Genève. La compagnie n’a pas encore fait son choix.

À quelle fréquence devient-il avantageux de souscrire un abonnement illimité? Si l’on compare l’offre de Surf Air avec un trajet Zurich-Londres en classe affaires Swiss – environ 1000 francs aller-retour – un passager s’y retrouve à partir de quatre vols par mois.

Mais le prix n’est pas l’argument de vente principal. Ce qui rend le concept vraiment attrayant, selon la start-up, c’est un voyage plus court et moins fastidieux: «Nos clients ont comme point commun un sentiment de frustration face à la lenteur et à la lourdeur des conditions d’embarquement dans des aéroports immenses et bondés.»

Surf Air promet un gain de temps deux heures. La recette? Les avions se trouvent dans des terminaux privés plus faciles d’accès; un contrôle préalable de sécurité effectué lors de la souscription du forfait permet d’accélérer la montée à bord, tout comme le nombre limité de passagers (huit au maximum).

Les membres peuvent se présenter à l’embarquement quinze minutes avant le décollage et réserver leur place deux heures à l’avance, grâce à une application sur mobile. Annoncée pour 2016 déjà, l’arrivée de Surf Air en Europe a pris du retard. La société affirme que ce contretemps est dû au rachat d’un concurrent texan en début d’année et à la volonté de consolider ses opérations américaines.

Fondée à Santa Monica en 2013, Surf Air est financée par un groupe d’investisseurs privés – les montants ne sont pas communiqués. Après des débuts difficiles, elle a pris son envol. Selon ses données, elle emploie aujourd’hui quelque 100 personnes, propose 17 liaisons aériennes en Californie et au Texas et revendique 4000 membres outre-Atlantique. Elle vise un objectif similaire en Europe. Mais la compagnie n’a pas encore réalisé de bénéfice. «Ce sera le cas l’an prochain», pronostique Simon Talling-Smith.

Deux échecs

D’autres start-up ont suivi les traces de Surf Air, mais avec peu de succès. Une société new-yorkaise a fermé après huit mois. Le belge Take Air, qui proposait une liaison Zurich-Anvers – pour 1700 francs – a fait faillite moins d’un an après son lancement. Son fondateur, Matthieu Dardenne, croit pourtant toujours au potentiel du modèle: «Le concept va marcher, ce n’est qu’une question de temps. C’est un marché de niche, mais il y a un vide à combler entre l’aviation d’affaires privée et les vols court-courriers.»

Mathieu Dardenne estime que Surf Air dispose d’une force financière suffisante pour tenir sur la longueur et trouver la voie du succès. Les prochains mois diront si le terme «vols à gogo» deviendra aussi familier que celui de buffet à volonté. (24 heures)

Créé: 04.12.2017, 08h06

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