ABB prouve que l’industrie lourde a sa place en Suisse

RailLe géant zurichois a inauguré mardi dans son usine de Meyrin une locomotive au cœur «made in Switzerland».

De g. à dr., Ulrich Spiesshofer, directeur général d’ABB, Andreas Meyer, son homologue à la tête des CFF, et Remo Lütolf posent devant la nouvelle locomotive.

De g. à dr., Ulrich Spiesshofer, directeur général d’ABB, Andreas Meyer, son homologue à la tête des CFF, et Remo Lütolf posent devant la nouvelle locomotive. Image: GEORGES CABRERA

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Elle apparaît derrière un grand rideau dans une mise en scène digne des présentations de résultats d’Apple. La locomotive Lok 2000, inaugurée mardi au sein de l’usine meyrinoise d’ABB, sera mise en circulation mercredi.

Elle a été applaudie par les directeurs généraux d’ABB et des CFF (leurs futurs utilisateurs), par Luc Barthassat, conseiller d’Etat genevois en charge de la Mobilité, ainsi que par un panel de représentants des milieux économiques. Du beau monde pour un site qui revient de loin. Dans les années 2000, l’usine d’ABB Sécheron sombrait dans la crise. La demande pour les transformateurs de puissance que ses ouvriers construisaient s’effondrait. L’entreprise mise alors sur un autre produit: les transformateurs de traction, des rouages indispensables aux trains électriques.

Renaissance à Meyrin

Pari gagnant: la demande ne cesse de croître depuis. Le marché ferroviaire global devrait encore s’étoffer de 3 à 4% en 2016, selon plusieurs études. Pari doublement gagnant même, car le conglomérat zurichois a choisi du coup de ne pas délocaliser et cela malgré les coûts élevés de la main-d’œuvre en Suisse. Alstom, également géant industriel, a fait un autre pari. Il a annoncé cette semaine son intention de supprimer 1300 postes dans le pays.

«Les conditions-cadres ici sont très bonnes, assure Jean-Luc Favre, directeur d’ABB Sécheron. Nous profitons du savoir-faire transmis au sein des plus hautes écoles, des bienfaits de la formation duale suisse. Les lois du travail y sont intéressantes et soutenues par un fort esprit d’entreprises. Tout cela offre productivité, innovation et flexibilité.» Des qualités essentielles à la reconversion d’ABB Sécheron. L’usine genevoise emploie aujourd’hui 350 collaborateurs, deux fois plus qu’au début du millénaire. Dans toute la Suisse, ABB recensait 6640 employés à la fin de 2014.

Secteur en transition

L’industrie en Suisse n’en reste pas moins en transition. A Genève, de nombreux grands noms ont disparu des radars (comme les Ateliers des Charmilles ou la Société d’instruments de précision), mais d’autres sont apparus, notamment dans les sciences de la vie ou l’horlogerie. Le secteur secondaire continue toutefois de perdre de son importance: il représentait 14,9% du PIB genevois en 2013, contre 17,9% en 1991 et 25% en 1975. Paradoxalement, en termes d’emplois, la tendance est inverse: les zones industrielles genevoises accueillent désormais 60 000 travailleurs, contre 40 000 en 1999.

Le 9 février? La réforme de l’imposition des entreprises? Le franc fort? Jean-Luc Favre ne cache pas que ces questions représentent de vrais défis. «Mais il y en a dans tous les pays du monde. On s’en sort bien en Suisse», souligne-t-il. Quant à Ulrich Spiesshofer, CEO d’ABB, il assure parier sur le pays pour renforcer la base de la multinationale.

Les qualités helvétiques permettent désormais aux équipes d’ABB Sécheron de lancer le bus TOSA, un véhicule électrique qui sera sous peu utilisé par les TPG et qui intéresse de nombreuses autres villes dans le monde.

Créé: 20.01.2016, 09h22

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