Les actionnaires défient toujours plus la direction

BonusLa Fondation Ethos regrette un décalage entre performances et rémunérations dans le secteur de la finance.

Dominique Biedermann (Fondation Ethos)

Dominique Biedermann (Fondation Ethos) Image: FLORIAN CELLA

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Les actionnaires ne sont plus prêts à donner un blanc-seing aux dirigeants de grandes entreprises du pays. Dans son étude 2017 sur les assemblées générales, présentée mardi, la Fondation Ethos souligne une hausse marquée de la contestation. Un vent de défiance inédit, selon l’organisation dont le but est de promouvoir l’investissement socialement responsable.

Au sein des 200 sociétés comprises dans l’indice boursier SPI, le pourcentage de résolutions acceptées par moins de 80% des actionnaires a quasi doublé, passant de 4% en 2016 à 7% cette année. Et de nombreux points soumis au vote ont récolté 50 à 60% d’approbation seulement. «Ce sont des signaux très forts qui traduisent un mécontentement, commente Dominique Biedermann, président d’Ethos. Si le pourcentage global des objets acceptés reste élevé (95,4%, contre 96,3% en 2016), les manifestations croissantes de mécontentement permettent d’ouvrir le dialogue là où il n’y en avait aucun auparavant, se réjouit-il. «Prenez le cas d’un administrateur mal réélu, un cas de figure de plus en plus fréquent. Pour un membre du conseil d’administration qui récolte moins de 80% de votes, c’est un gros coup. Il cherchera à savoir comment assurer son élection l’année suivante.»

Le léger frein Minder

C’est surtout pour les questions de salaires et de bonus que les actionnaires ont donné de la voix. En 2017, les rémunérations moyennes ont stagné. L’initiative Minder déploie ses effets, observe Vincent Kaufmann, directeur d’Ethos. «Il y a eu un léger frein. Mais pas dans tous les domaines.» La fondation fait état d’une baisse globale de 2% des rémunérations dans tous les secteurs autres que la finance. Au sein des 100 plus grandes sociétés cotées, les banques et les assurances se sont en effet distinguées par une hausse de 4% des rémunérations globales de leurs patrons, alors que les bénéfices ont diminué de 16%. «Il y a une déconnexion entre rémunération et performance», déplore Vincent Kaufmann.

C’est donc dans le secteur financier que la contestation s’est le plus exprimée lors des votes liés aux rémunérations. L’an dernier, ce sont les membres du conseil d’administration et de la direction d’UBS qui ont empoché la plus grosse enveloppe globale. Credit Suisse, qui a inscrit une perte de 2,7 milliards de francs en 2016, les aurait détrônés si une baisse de 40% n’avait pas été décidée sous la pression des actionnaires. Les bonus à court terme du directoire (17 millions) ont finalement été adoptés à 59,59% au terme d’une assemblée générale houleuse. Les actionnaires ont été encore plus sévères avec la direction du gestionnaire d’actif zurichois GAM, en refusant leur rémunération variable. Une première en Suisse.

Rébellion des minoritaires

En 2017, les actionnaires minoritaires au sein de sociétés avec un actionnaire de contrôle (au moins un tiers des droits de vote) ont aussi fait parler d’eux. Selon Ethos, ils sont davantage prêts à exprimer leur désaccord. C’était particulièrement le cas chez Swatch. Plusieurs objets seraient passés à la trappe sans le vote de la famille Hayek. Ainsi, Nayla Hayek n’aurait pas été réélue à la tête du conseil d’administration et les rémunérations variables de la direction et des administrateurs auraient été refusées.

Créé: 22.08.2017, 19h47

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