Malgré une croissance robuste, Adecco déçoit

EconomieL'agence de placement a amélioré son chiffre d'affaires et ses profits de 5% au 2e trimestre 2017. Les actionnaires espéraient plus.

Sur l'ensemble du premier semestre, les recettes ont progressé de 6%, à 11,7 milliards d'euros.

Sur l'ensemble du premier semestre, les recettes ont progressé de 6%, à 11,7 milliards d'euros. Image: Keystone

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Adecco n'a pas réussi à combler les attentes au 2e trimestre, malgré des résultats en hausse. L'action du numéro un mondial du travail temporaire a été malmenée à la Bourse suisse.

Adecco a pourtant amélioré son chiffre d'affaires et ses profits. Le groupe a accru ses revenus de 5% par rapport à la même période de l'an passé, à 5,97 milliards d'euros (6,7 milliards de francs), a-t-il indiqué jeudi dans un communiqué.

La croissance organique, ajustée des jours ouvrés, ressort à 6%, comme au premier trimestre. Le bénéfice net a lui progressé de 1% à 192 millions d'euros. Sur le plan opérationnel, le résultat EBITA s'est étoffé de 2%, à 288 millions. La marge correspondante s'est légèrement dégradée, de 0,1 point, à 4,8%.

Adecco se dit satisfait de la croissance actuelle. «Nous avons désormais trois trimestres avec une belle croissance derrière nous», a déclaré le directeur général Alain Dehaze à l'agence financière awp. Il relève également que la croissance a été bien équilibrée dans les différentes régions.

Le groupe zurichois estime avoir enregistré une croissance robuste au deuxième trimestre. La France, l'Italie, la péninsule ibérique et le Benelux ont été particulièrement dynamiques.

Optimisme pour la France

Le marché français, qui représente près d'un quart des recettes du groupe, a enregistré une progression de 9%, à 1,37 milliard d'euros. La rentabilité s'est également améliorée. Le résultat EBITA a bondi de 14%, à 89 millions, pour une marge de 6,6%, en hausse de 0,4 point.

L'Hexagone a bénéfice d'une dynamique soutenue dans la logistique, la construction et l'automobile. L'optimisme est de mise après l'élection à la présidence d'Emmanuel Macron. «La France a besoin d'un marché du travail plus flexible et moins réglementé pour que l'économie puisse croître», affirme Alain Dehaze.

Dans la région Amérique du Nord, Royaume-Uni et Irlande, les recettes cumulées des deux unités locales (General Staffing et Professional Staffing) ont en revanche légèrement reculé, à 1,67 milliard d'euros.

Les revenus ont également reflué dans la région Allemagne, Autriche et Suisse, de 4% à 531 millions d'euros. L'Italie s'est particulièrement distinguée durant le deuxième trimestre, le marché transalpin bondissant d'un quart à 468 millions.

Analystes déçus

Si la plupart des chiffres sont en progression, la copie trimestrielle rendue par Adecco s'est inscrite dans le bas de la fourchette des prévisions des analystes sollicités par l'agence awp et a raté le coche au niveau du bénéfice net.

Sur l'ensemble du premier semestre, les recettes ont progressé de 6%, à 11,7 milliards d'euros, tandis que le bénéfice net attribuable aux actionnaires a bondi de 10%, à 368 millions. Le géant du placement de personnel précise que la dynamique de juin en termes de croissance s'est poursuivie en juillet.

L'action Adecco a été malmenée jeudi à la Bourse suisse. Le titre lâchait 6,41% à la clôture à 69,40 francs, alors que l'indice vedette SMI reculait de 0,86%.

Concurrents solides

Les chiffres dévoilés par Adecco sont restés en deçà des projections des analystes. Dans la foulée des résultats solides présentés par la concurrence, celles-ci avaient été revues à la hausse.

Les experts ne cachent pas leur déception face à l'évolution de la croissance organique, qui est ressortie à 5%, c'est-à-dire tout en bas de la fourchette des prévisions, et nettement en dessous des 6,3% du consensus. Au vu des performances réalisées par les rivaux Manpower et Randstad, les analystes avaient tablé sur des chiffres nettement meilleurs de la part d'Adecco.

Andrew Brooke, de RBC Capital Markets, pointe du doigt les faiblesses du marché nord-américain, ainsi que du marché de l'intérim spécialisé au Royaume-Uni. Du côté des courtiers, on rappelle que les performances solides de la concurrence avaient aiguisé l'appétit des investisseurs et incité les analystes à revoir leurs pronostics à la hausse. (ats/nxp)

Créé: 10.08.2017, 08h10

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