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L'affaire Iqbal Khan a fait l'actualité des dirigeants

Credit Suisse a occupé les devants de la scène en 2019, après l'improbable affaire Iqbal Khan, parti chez le concurrent UBS.

Iqbal Khan est pour une fois sorti des pages économiques avec l'affaire des filatures.
Iqbal Khan est pour une fois sorti des pages économiques avec l'affaire des filatures.
Credit Suisse

Plusieurs importantes entreprises suisses, à l'image du géant zurichois de l'électrotechnique ABB ainsi que des chimistes bâlois Lonza et Clariant ont connu des changements à la tête de leur direction cette année. Mais après Lafargeholcim en 2017, Raiffeisen l'an dernier, Credit Suisse a occupé les devants de la scène, après l'improbable affaire Iqbal Khan.

Feuilleton de l'année 2019, la rocambolesque affaire Iqbal Khan, du nom d'un banquier vedette de Credit Suisse, trouve son origine dans la démission de ce dernier de son poste de patron des affaires de gestion de fortune internationales de Credit Suisse, annoncée début juillet. Auparavant, certains observateurs voyaient déjà le quadragénaire reprendre la direction de Julius Bär.

Mais le gestionnaire de fortune zurichois nomme finalement Philippe Rickenbacher comme successeur du directeur général Bernhard Hodler. Ce dernier avait repris mi-2018 le poste d'un autre quadragénaire très en vue, le Vaudois Boris Collardi, lequel a retrouvé les rives du Léman pour intégrer le collège des associés du concurrent genevois Pictet.

Fin août, UBS recrute Iqbal Khan, confiant à ce Suisse aux racines pakistanaises la co-direction des affaires de gestion de fortune aux côtés de Tom Naratil. Il intègre dans la foulée la direction générale de l'établissement aux trois clefs, alors que les spéculations quant aux vues de l'actuel directeur général d'UBS, Sergio Ermotti, sur la présidence de l'établissement se sont multipliées.

Poursuite en ville

Si ces changements n'ont rien d'exceptionnels dans le monde feutré de la finance, plusieurs médias se font l'écho mi-septembre de scènes de poursuites dignes d'un polar dirigées par l'ex-employeur d'Iqbal Khan. Selon la presse, le banquier et sa femme ont été poursuivis en voiture alors qu'ils roulaient en ville de Zurich.

Ayant repéré ses poursuivants, des détectives privés, le banquier s'arrête pour photographier la plaque numérologique de leur véhicule. Les hommes lancés à la poursuite de M. Kahn auraient alors tenté de lui arracher son portable, avant de prendre la fuite, toujours selon les médias, et d'être interpellés par la police.

La justice zurichoise a ouvert dans la foulée une procédure pénale pour contrainte et menaces, M. Khan ayant porté plainte. Ne pouvant plus esquiver l'affaire, le conseil d'administration de Credit Suisse promet alors de faire la lumière à ce sujet tout en évoquant une présentation des faits «sensationnaliste» et émaillée d'«importantes imprécisions».

A l'issue de l'enquête interne, Credit Suisse annonce le départ avec effet immédiat de Pierre-Olivier Bouée, le responsable opérationnel de l'établissement et proche lieutenant du directeur général Tidjane Thiam, ainsi que du chef de la sécurité. Selon le rapport, M. Bouée a ordonné de son propre chef la surveillance de M. Khan.

Querelle de voisinage

Pour seul commentaire, Tidjane Thiam a assuré ne rien savoir de la surveillance, la jugeant empreinte d'«amateurisme». Le Franco-Ivoirien a aussi écarté les rumeurs d'un conflit personnel avec Iqbal Khan, les deux dirigeants étant voisins à Herrliberg, commune de la côté dorée zurichoise.

En avril, ABB avait créé la surprise en annonçant la démission avec effet immédiat d'Ulrich Spiesshofer, patron du géant zurichois de l'électrotechnique depuis 2013. L'Allemand s'était certes à plusieurs reprises retrouvé sous les feu des critiques d'actionnaires, notamment concernant la stratégie, mais pas au point d'entraîner un départ.

A ce jour, les raisons de cette démission restent mystérieuses. Dirigé par intérim par le président du conseil d'administration, Peter Voser, ABB s'est trouvé un nouveau directeur général en la personne de Björn Rosengren. Le Suédois, président et directeur général de Sandvik, un groupe d'ingénierie basé à Stockholm, rejoint la société en février 2020.

Les deux chimistes bâlois Clariant et Lonza ont également vu leur patron jeter l'éponge, et cela même à deux reprises chez le second. En janvier, le directeur général du fournisseur de composants pour l'industrie pharmaceutique, Richard Ridinger, en poste depuis sept ans et désireux de se consacrer à des mandats d'administrateurs, annonce son départ pour mars.

Moins de dix mois plus tard, son successeur, Mark Funk, ex-responsable des opérations de la division Pharma & Biotech, fait à son tour part de son départ pour janvier prochain, le motivant par des raisons personnelles. Le président de Lonza, Albert Baehny assumera l'intérim, en plus de ses fonctions actuelles, jusqu'à la nomination d'un nouveau patron.

Du côté de Clariant, Ernesto Ochiello, installé aux commandes du chimiste de spécialités en octobre 2018 par son actionnaire principal Sabic, démissionne neuf petits mois après son entrée en fonctions, évoquant lui aussi des raisons personnelles. Son départ intervient dans le contexte de divergences entre le groupe bâlois et le géant saoudien. Là aussi, le président et prédécesseur de M. Ochiello, Hariolf Kottmann reprend le fauteuil directorial.

(ats)

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