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LiquidationAffaire Madoff: trois nouvelles banques suisses dans le viseur

De nouvelles plaintes contre trois nouveaux établissements financiers suisses ont été déposés par le liquidateur chargé de récupérer des fonds en faveur des victimes de Bernard Madoff.

Le liquidateur cherche à récupérer des biens des clients spoliés par Bernard Madoff (photo).
Le liquidateur cherche à récupérer des biens des clients spoliés par Bernard Madoff (photo).
ARCHIVES, Keystone

Le liquidateur chargé de récupérer des fonds en faveur des victimes de l’escroc américain Bernard Madoff a déposé de nouvelles plaintes contre trois banques suisses. Lombard Odier & Cie et la Banque Cantonale Vaudoise contestent le fondement de l’action. EFG International ne fait aucun commentaire.

Le liquidateur Irving Picard réclame 355 millions de dollars (340 millions de francs) à EFG International, 180 millions de dollars à la banque genevoise Lombard Odier & Cie et environ 10 millions de dollars à la Banque Cantonale Vaudoise (BCV). Il cherche, par cette action, à récupérer des biens des clients spoliés par Bernard Madoff.

La plupart de ces sommes avaient été transférées par le fonds Fairfield Sentry, identifié comme le plus gros fonds rabatteur pour l’entreprise de M. Madoff, a précisé le liquidateur.

Les trois établissements ont affirmé jeudi n’avoir reçu pour l’instant aucune notification de plainte. Lombard Odier & Cie et la BCV contestent catégoriquement le fondement de cette action.

Pas de risques

«Les investissements dans des fonds exposés à Madoff ont été réalisés à l’initiative des clients concernés ou de gérants extérieurs à Lombard Odier & Cie. Le rôle de l’établissement s’est limité à celui de banque dépositaire, en charge du dépôt des actifs de ses clients», a indiqué ce dernier.

La demande de 10 millions de dollars concerne des investisseurs qui ont vendu des parts de fonds Madoff via la BCV. Elle ne concerne pas directement la banque, la «BCV n’ayant jamais pris de position pour compte propre dans les fonds Madoff», ajoute celle-ci dans un communiqué. La BCV ne voit donc pas de risques liés à cette affaire.

En décembre dernier, Irving Picard avait déjà déposé plainte contre Credit Suisse, pour une somme de 375 millions de dollars et contre la banque zurichoise Julius Baer. M. Picard réclame également 2 milliards de dollars à UBS, mais en novembre 2011, en première instance, une juge fédérale l’a débouté. Le plaignant a fait appel.

Rentrées substantielles

Selon un rapport publié fin mai sur le site du liquidateur lui-même, la liquidation du fonds d’investissement de Bernard Madoff a coûté pour l’instant près de 554 millions de dollars (près de 530 millions de francs). Cette somme comprend les honoraires du liquidateur lui-même (5,1 millions), mais surtout les frais d’avocats travaillant sur le dossier, qui s’élèvent à quelque 300 millions de dollars, les frais des consultants spéciaux (220 millions) ou de banquiers d’investissement (1 million).

Parallèlement, l’argent théoriquement recouvré par M. Picard et ses équipes atteindrait actuellement environ 9,1 milliards de dollars, mais la majorité de ces fonds ne sont pas disponibles pour l’instant, car ils font encore l’objet de procédures d’appel ou de procédures légales sur la validité du système de distribution retenu.

Au total, seuls 329,6 millions de dollars ont été distribués pour l’heure, alors que la fraude pyramidale de Bernard Madoff, la plus grosse fraude boursière à ce jour, a coûté entre 17,3 et 65 milliards de dollars, selon que l’on compte avec ou sans les intérêts.

En prison

Bernard Madoff a été condamné en 2009 à 150 ans de prison pour son escroquerie, consistant à piocher dans les finances de ses nouveaux clients pour rétribuer ou rembourser les clients plus anciens. L’affaire avait éclaté fin 2008 lorsque, avec la crise, un nombre croissant d’investisseurs avaient demandé à récupérer leur dû.

Depuis lors, M. Picard multiplie les procédures en justice pour tenter de récupérer des fonds au bénéfice des victimes, auprès notamment de diverses institutions financières.

ats

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