Aimé Pouly se débarrasse de l’huile de palme

BoulangerieLe groupe genevois bien connu des Nyonnais, et qui fournit certains magasins vaudois, cède à la pression des consommateurs.

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C’est une première en Suisse à une telle échelle, le groupe genevois Aimé Pouly SA ne propose plus aucun produit contenant de l’huile de palme depuis ce mois d’octobre. Le leader romand de la boulangerie artisanale, 800 employés et un chiffre d’affaires de 80 millions de francs, dit avoir pris une décision difficile.

Plus de deux ans ont été nécessaires pour gagner le pari lancé par Catherine Pouly, femme d’Aimé, en mars 2010. «Nous avons dû nous séparer de quatorze fournisseurs, ceux qui ne pouvaient faire sans cette huile, investir dans des machines et travailler avec nos partenaires sur de nouvelles recettes», explique le porte-parole Eric Maroni. L’opération a coûté 300'000 francs, selon le groupe.

Pratique et peu cher

Désormais, 46 sociétés (contre 60 auparavant) fournissent en beurre, chocolats, graisses, etc., les deux fournils de l’entreprise, à Satigny et au Mont-sur-Lausanne, qui ensuite distribuent la majeure partie de leurs confections à des hôtels, restaurants, cantines, EMS ou hôpitaux. Soixante-cinq magasins (et six enseignes: Pouly Tradition, Polli, Haeberli, Mon Petit Boulanger Chéri, Fabrizio Panini, Banquets et Saveurs) sont aussi desservis entre Genève, Vaud et Neuchâtel.

L’huile de palme, peu chère et pratique, notamment parce qu’elle est solide et se conserve bien, est privilégiée par l’industrie alimentaire. Mais elle est aussi décriée. Le client, plus que jamais, pointe du doigt ses effets néfastes sur l’environnement et la santé, ce qui met l’industrie dans une position inconfortable. Pas facile de trouver une alternative, qui plus est sans répercussion sur les prix. Le beurre, les huiles de tournesol et de colza, qui la remplacent désormais chez Aimé Pouly, engendrent un surcoût annuel de 40 000 francs que le groupe dit absorber sans faire payer davantage le client final.

Rares sont les boulangeries indépendantes qui peuvent en dire autant. Elles ne disposent ni de la même influence auprès des fournisseurs ni de la même force de frappe.

(24 heures)

Créé: 28.10.2013, 08h16

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