Passer au contenu principal

Les pilotes rejettent la proposition d'Air France

Les syndicats ont décidé de poursuivre la grève alors que la direction a proposé de suspendre le projet contesté jusqu'à la fin de l'année.

La grève, très suivie, paralyse Air France depuis 8 jours.
La grève, très suivie, paralyse Air France depuis 8 jours.
Keystone

Les pilotes d'Air France, en grève depuis huit jours, ont rejeté ce lundi 22 septembre une «ultime» proposition de la direction de la compagnie de suspendre temporairement le projet de développement en Europe de sa filiale low-cost Transavia, à l'origine du conflit. Dénonçant une «ultime provocation» du patron du groupe AF-KLM, Alexandre de Juniac, le premier syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL AF Alpa, a qualifié cette annonce d'«écran de fumée» qui «ne résout aucun problème».

Dans un entretien au quotidien Le Monde, M. de Juniac avait présenté lundi la suspension «jusqu'à la fin de l'année du projet de création de filiales de Transavia en Europe, hors France et Pays-Bas» comme une «ultime proposition» pour mettre fin à une grève «infondée».

«Le pompier pyromane avait misé sur une baisse de la mobilisation après les huit premiers jours. Or les déclarations de grève ne faiblissent pas. Il tente désormais d'éteindre l'incendie en soufflant sur les braises», a dénoncé le SNPL. «Une telle provocation, après huit jours de grève et d'alertes sur les menaces d'externalisation et de délocalisation qui pèsent sur les emplois pilote de droit français, est inacceptable», a poursuivi le syndicat.

Grève de huit jours déjà

Depuis huit jours, plus de la moitié des avions d'Air France sont cloués au sol dans le cadre de cette grève, la plus longue depuis 1998, qui selon la direction provoque «des pertes d'exploitation pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros par jour».

La compagnie a prévu une légère amélioration de la situation mardi, avec 48% des vols qui devraient pouvoir être assurés, contre seulement 42% lundi. La direction table aussi sur une mobilisation en décrue des grévistes, à 57% contre plus des deux tiers lundi.

Samedi, le SNPL avait annoncé la reconduction du mouvement jusqu'au vendredi 26, sans exclure d'aller au-delà si la «situation de blocage» persiste. Un autre préavis du deuxième syndicat de pilotes, le Spaf, court jusqu'à mercredi.

«Un dialogue approfondi»

Perçu par les pilotes comme la porte ouverte à une «délocalisation» de l'emploi français, le déploiement de Transavia devait faire l'objet avant la fin de l'année, selon la nouvelle proposition de la direction, d'une négociation avec toutes les catégories de salariés. Le groupe AF-KLM, qui veut faire passer la flotte de Transavia France de 14 à 37 avions, a affiché sa volonté d'ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

Il y aura «un dialogue approfondi» pour «construire avec les syndicats les garanties nécessaires», avait promis M. de Juniac.

Le gouvernement français a multiplié ces derniers jours ses appels à la fin du conflit. «Clairement aujourd'hui, il faut que le travail reprenne», a martelé lundi le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à la radio Europe 1.

Sort de la compagnie en cause

Son homologue chargé des Transports, Alain Vidalies, avait réclamé la veille «un compromis» entre direction et syndicats. Dès la semaine passée, le Premier ministre Manuel Valls avait appelé en vain les pilotes à «arrêter» leur grève, selon lui «pas comprise».

«Il faut avoir une démarche positive dans cette situation. Sinon, je pense que c'est le sort de la compagnie qui peut être en cause», a averti M. Vidalies, rappelant qu'Air France est, comme les autres compagnies aériennes historiques, confrontée à la vive concurrence des low cost et est «financièrement fragile».

«C'est une grève qui commence à devenir interminable», a déploré ce week-end une association de défense de voyageurs.

Air France a réitéré ses excuses à ses clients, disant dans une lettre partager leur «frustration» et «mécontentement». Elle conseille à ses clients ayant réservé un vol jusqu'au 26 septembre de «reporter leur voyage, ou changer leur billet sans frais».

(AFP)

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.